Dans le brouillard

 

 

Bree se glissa le long du mur sombre et attendit. Dans son dos, la pierre fraîche la fit frissonner. En ce mois de novembre, la température était peu clémente. Une épaisse chape de brume s’enroula autour de ses chevilles, comme si un esprit d’un autre temps tentait de la faire prisonnière du sol.

Bree sourit. Elle n’avait pas peur des esprits. Encore moins du brouillard.

De l’autre côté de l’avenue, elle avisa son coéquipier, Caleb. Ce dernier posa une main sur sa bouche et lui envoya un baiser. Bree grimaça. Qu’on lui imposât un partenaire pour ses missions, c’était un comble, mais que celui-ci se permît tant de familiarités l’agaçait au plus haut point. Elle se promit d’en référer à Alisdair sitôt leur mission terminée. Elle espérait qu’il l’écouterait, cette fois. Après tout, elle était faite pour travailler seule, pas pour faire du baby-sitting de nouveaux agents.

Dans la ruelle perpendiculaire, un bruit attira son attention. Bree affuta son ouïe : deux hommes marchaient, peut-être trois. L’un d’eux portait des talonnettes, si l’on en croyait le son significatif de ses chaussures sur le pavé mouillé. En humant l’air, elle identifia une singulière odeur de poudre, de foin et de renfermé. Parfum qui aurait pu être tout à fait normal dans l’Édimbourg du XIXe siècle.

Mais certainement pas en 2020.

Bree se pencha légèrement en avant et risqua un regard dans la ruelle. Elle repéra immédiatement deux Bonnets-Rouges, facilement reconnaissables grâce à leurs couvre-chefs écarlates, et un homme de petite stature, probablement un Nain ou un Brownie, qui marchait avec des bottes à talons ferrés. Ils discutaient entre eux à voix basse et, bien qu’elle fût trop loin pour entendre distinctement le sujet de leur conversation, Bree capta quelques mots tels que « cage », « dragon » ou encore « marchandise ».

Suffisant, à ses yeux, pour approfondir l’enquête. D’un geste, elle fit signe à Caleb de la rejoindre.

Ce dernier traversa la rue avec discrétion, aussi rapide qu’un éclair. C’était sans conteste ce que Bree appréciait le plus chez lui ; Caleb avait beau manquer de finesse, il était au moins prompt à réagir et silencieux. Deux qualités importantes pour un agent spécial de la Brigade de Protection des Créatures Magiques.

– Qu’est-ce qu’on fait ? chuchota-t-il, les sourcils froncés.

– Nous allons les suivre, répondit Bree. Je crois que nous tenons enfin les contrebandiers que nous traquons depuis des semaines.

– Dois-je me transformer ?

Les yeux jaunes de Caleb brillèrent dans la pénombre. Bree secoua la tête :

– C’est d’un agent spécial dont j’ai besoin, pas d’un loup enragé.

– Mais…

– S’il y a des animaux magiques quelque part dans cette ruelle, ils flaireront le prédateur que tu es, expliqua Bree, non sans montrer son agacement. Sous ta forme humaine, nous ne nous ferons pas repérer.

Caleb acquiesça et baissa la tête, déçu. Sans rien ajouter d’autre, Bree s’engouffra dans le close — une ruelle typiquement écossaise qui ne manquait pas de charme —, son coéquipier sur les talons.

Les trois silhouettes que la jeune femme avait remarquées entrèrent dans un appartement à quelques mètres de là, sans se rendre compte qu’elles étaient suivies. Bree rasait le mur, ses doigts caressant la pierre humide, les genoux fléchis pour ne pas faire de bruit. Elle sentait le corps de Caleb près, trop près du sien, et elle se força à garder son calme. La deuxième chose que Bree détestait le plus, juste après le fait de devoir travailler en équipe, était la proximité. Elle se tenait toujours à l’écart des autres, mettant un point d’honneur à préserver son espace vital. Elle se promit d’en toucher un mot à Caleb dès qu’ils seraient rentrés au Q.G : l’agent devait apprendre à garder ses distances.

En quelques secondes, ils parvinrent à la porte de l’appartement, que les suspects avaient refermée derrière eux. D’un signe de la tête, Bree indiqua à Caleb de faire le guet pendant qu’elle collait son oreille contre le bois.

Son ouïe, remarquablement fine, capta immédiatement la conversation qui se déroulait à l’intérieur :

– À quelle heure votre client vient-il récupérer sa marchandise ? demanda un homme, probablement un des deux Bonnets-Rouges.

– Il ne devrait plus tarder. Je voudrais d’abord m’assurer que les créatures sont en bon état, comme nous en avions convenu.

– Je vous jure, maître Hilgins, que tout ce petit monde va bien…

– Montrez-les-moi ! tonna le nommé Hilgins, que Bree identifia comme le Nain aux talonnettes en raison de sa voix, moins sifflante que les deux autres.

De nouveaux bruits de pas s’ensuivirent et l’agente spéciale devina, à en croire les cliquetis significatifs de leurs chaussures sur la pierre, qu’ils quittaient la pièce pour descendre des escaliers.

– Il faut que nous appelions du renfort, chuchota Bree en se redressant. C’est bien le repaire des contrebandiers que nous cherchions.

– Appeler ? Mais nous n’avons rien vu ! protesta Caleb.

– Pas besoin de voir pour savoir que ces deux Bonnets-Rouges cachent des créatures magiques là-dessous. Je les ai entendus et j’en sais suffisamment pour demander de l’aide au Q.G.

– Tu ne crois pas que nous pouvons les maîtriser à deux ?

– Possible, mais s’il y a d’autres Bonnets-Rouges en bas, nous allons nous faire submerger. Continue de faire le guet, je préviens Alisdair.

Bree fourra les doigts dans sa poche et en sortit un petit moineau en origami. Elle le déplia pour écrire un message à l’intérieur des ailes, puis souffla sur le papier pour lui donner vie. Les mains en coupe, elle le lança en l’air et le laissa s’envoler dans le ciel nocturne d’Édimbourg.

– On ne t’a jamais parlé des téléphones portables ? lui susurra Caleb, une moue moqueuse sur le visage.

– Je préfère les bonnes vieilles méthodes. Au moins, je n’ai jamais de problème de batterie.

Caleb haussa les épaules. Bree pouvait voir qu’il trépignait sur place ; sa jambe tremblait et il lançait des regards anxieux de chaque côté du close. Le Lycanthrope sortit son mobile de sa poche et, jetant un coup d’œil à l’heure, poussa un grand soupir.

– C’est trop long, pesta-t-il. Si nous attendons, ils vont nous filer entre les doigts !

Bree pinça les lèvres, agacée. L’impatience de son jeune partenaire n’était pas surprenante, compte tenu de son inexpérience. Cependant, en tant qu’agente aguerrie, elle savait que les secours finissaient toujours par se montrer rapidement. De plus, elle doutait que l’appartement possédât une autre sortie : les contrebandiers étaient donc, jusqu’à preuve du contraire, faits comme des rats.

La jeune femme profita de cette courte pause pour s’appuyer contre le mur de la ruelle et ferma les yeux. Voilà longtemps qu’elle n’était pas venue dans cette partie de la ville, préférant désormais les parcs peu fréquentés aux artères bouchées de touristes. Édimbourg n’était plus ce qu’elle avait été. Royal Mile croulait à présent sous les boutiques de souvenirs présentant écharpes en tartan et kilts hors de prix. Il restait quelques cafés, quelques pubs à la devanture typique que Bree aimait observer de loin, bien qu’elle n’y entrât jamais. Pour une agoraphobe, ce genre d’endroit était à proscrire.

Un mouvement devant elle tira Bree de sa rêverie. Caleb avait profité de son inattention pour crocheter la serrure de l’appartement et pénétrer à l’intérieur.

Bree jura. Elle envoya un deuxième origami au Q.G pour leur dire de rappliquer de toute urgence et entra à son tour.

La pièce principale était sombre, à peine éclairée par une ampoule faiblarde qui grésillait au plafond. Bree repéra quelques tables poussées contre les murs ainsi que des chaises pulvérisées dont les morceaux étaient éparpillés au sol. Au fond de la salle, une petite porte entrebâillée débouchait sur un escalier.

– Caleb ? chuchota-t-elle.

Le silence lui répondit.

Bree pesta. Son coéquipier faisait montre d’une grande imprudence en partant seul affronter ces contrebandiers. Qu’espérait-il, en cas de réussite ? Se faire mousser auprès de leurs collègues ? Avoir une promotion ? Caleb était un jeune agent spécial qui devait encore faire ses preuves. Puisqu’il était son partenaire, Bree se jura de lui faire payer pour lui avoir désobéi. Après tout, c’était elle la tête pensante, l’agente la plus gradée des deux.

Devinant sans mal que Caleb avait suivi les contrebandiers dans les escaliers, Bree s’engouffra à sa suite. Une odeur terrible la prit subitement à la gorge, un relent d’excréments, d’humidité et d’urine. Contrairement à ce qu’avait affirmé l’un des Bonnets-Rouges, l’agente doutait fortement que les créatures fussent détenues dans de bonnes conditions.

Arrivée en bas des marches, Bree repéra enfin Caleb au bout d’un long couloir sombre. Elle avança encore pour être à sa hauteur, tentant d’oublier le parfum terrible qui lui assaillait les narines. Les voix des Bonnets-Rouges étaient de plus en plus proches et les craintes de la jeune femme se confirmèrent : ils étaient beaucoup plus que deux.

– C’est cela que vous appelez « bonnes conditions » ? tonna le dénommé Hilgins.

– Au moins, ils ne sont pas blessés, répondit son interlocuteur avec un fort accent écossais.

– Pas blessés ?! Ce Yong est rachitique ! Depuis combien de temps n’a-t-il pas été nourri ?

Bree déglutit. Un Yong ? Ici, dans les sous-sols d’Édimbourg ? Voilà qui n’avait aucun sens. Qu’est-ce que des contrebandiers pouvaient bien pouvoir faire d’un dragon coréen ? Et surtout, qui en était le commanditaire ?

Grimaçant à l’idée d’avoir un contact physique, elle attrapa tout de même Caleb avec sa main gantée. Ce dernier se retourna vers elle, faisant briller ses grands yeux jaunes dans la pénombre. Bree lui fit signe qu’il fallait remonter, mais son coéquipier se dégagea de son emprise et continua d’observer les hors-la-loi par le trou de la serrure.

La porte au bout du couloir était entrouverte, aussi Bree se risqua-t-elle à regarder par la fente entre le bois et le mur de pierre. Ce qu’elle vit lui coupa le souffle.

Elle n’avait jamais vu de Yong, pas en vrai du moins. Elle avait aperçu un dragon voler, une fois, dans le ciel d’Écosse, mais se retrouver nez à nez avec un reptile de cette taille n’avait rien de comparable. L’animal, long de plus de six mètres, reposait sur le sol, sa grande tête calée entre ses pattes. À la faible lueur des ampoules vacillantes, ses écailles vertes et irisées semblaient ternes, sans vie. Bree devina que ce dragon, bien que déjà immense, n’était encore qu’un bébé. Une fois adultes, les Yongs pouvaient atteindre les seize mètres d’envergure et, de nature extrêmement sauvage, ils étaient quasiment impossibles à approcher. La jeune femme repéra la grosse chaîne en fer qui le maintenait au sol et remarqua les plaies autour de ses pattes griffues.

Bree se mordit la lèvre jusqu’au sang pour contenir sa colère. Une créature d’une telle majesté n’avait rien à faire dans un sous-sol. Son poing se crispa sur le poignard qui pendait à sa ceinture, tous ses sens en alerte. Elle voulait agir, plonger en avant et libérer le dragon. Son instinct d’agente, cependant, l’incita au calme. Elle observa les alentours.

Presque dix Bonnets-Rouges entouraient la créature. Leurs prunelles cramoisies étincelaient dans la pénombre et, fort heureusement, ils n’étaient pas armés. Ce soir plus que jamais, Bree regrettait le temps où les Bonnets-Rouges ne quittaient pas les ruines des châteaux, attendant patiemment le voyageur imprudent qui viendrait s’y risquer. Tout comme bon nombre de créatures magiques, ces spectres malicieux avaient dû se réinventer avec l’arrivée du tourisme de masse. Ils arpentaient désormais les coins sombres des villes et trempaient dans toutes les combines louches : contrebande, trafic de produits illicites, chasse à l’homme… Les Bonnets-Rouges, bien que dangereux lorsque nombreux, étaient bêtes et facilement manipulables.

Un regard plus approfondi sur la pièce apprit à l’agente qu’en plus du Yong, quelques autres créatures étaient enfermées dans des petites cages. Trop loin pour voir de quoi il s’agissait exactement, Bree sentait l’urgence de la situation. Et les renforts n’arrivaient toujours pas !

Elle se força à rester calme ; si elle ne doutait pas pouvoir contenir une bande désarmée en attendant ses collègues, le faire en gardant un œil sur sa nouvelle recrue lui était impossible. D’un geste, elle tenta encore une fois de lui faire comprendre qu’il fallait remonter attendre les secours.

Mais Caleb ne semblait pas l’entendre de cette façon. Gonflant sa poitrine, il ouvrit la porte en grand et s’élança dans la pièce.

L’agent de la Brigade de la Protection des Créatures Magiques s’était transformé en une fraction de seconde. Son uniforme gisait aux pieds de Bree, qui demeura un instant interdite. Ne lui avait-elle pas dit, quelques minutes plus tôt, de garder sa forme humaine ? Le Lycanthrope se rua sur le premier Bonnet-Rouge venu, lui arrachant la tête d’un puissant coup de patte.

– La BPCM ! cria l’un d’entre eux. Nous sommes repérés !

Bree pesta et se jeta à son tour dans la bataille. Son coéquipier multipliait les erreurs. Les Bonnets-Rouges étant des créatures spectrales, elles étaient déjà mortes.

Et ce qui était mort ne pouvait mourir encore.

La jeune femme esquiva un ennemi qui se ruait vers elle avec un bâton métallique. Elle bloqua un premier coup et passa sous l’aisselle du spectre en dégainant son poignard. Le Bonnet-Rouge tomba, les tendons de la cuisse sectionnés.

Ce qui était mort ne pouvait mourir encore, mais, assurément, on pouvait l’immobiliser pendant un moment.

Caleb se prêtait à un véritable carnage. Il arrachait des jugulaires, griffait des crânes. Rien qui n’empêchait les Bonnets-Rouges de se ruer sur lui en hurlant. Le loup se débattait et enchaînait les mouvements chaotiques. Bree tenta de se frayer un chemin vers son coéquipier en mauvaise posture.

Elle prit son taser et s’en servit contre un contrebandier. C’était la seule technologie qu’elle s’autorisait, et elle devait admettre que ces pistolets à impulsions électriques se révélaient souvent efficaces contre les spectres. Habituellement, ils les étourdissaient le temps que les renforts arrivent, pratique lorsqu’on combattait des ennemis qui ne craignaient pas la mort.

Alors qu’elle se débattait avec un énième Bonnet-Rouge qui avait perdu son couvre-chef, Bree avisa le chef des contrebandiers qui tentait de s’enfuir par l’escalier. Elle remarqua, entre deux coups portés à son ennemi, que le fameux Maître Hilgins n’avait en réalité rien d’un Brownie, mais ressemblait plutôt à un Djinn. Elle allait se précipiter à sa suite quand un mouvement sur sa droite la dissuada du contraire.

Flairant le danger, le Yong commençait à paniquer. Ses immenses yeux fixaient intensément le loup qui poursuivait son massacre. Bree assomma le dernier Bonnet-Rouge et stoppa net. Elle pouvait lire la peur dans les prunelles du dragon. Pour cet animal sauvage, la présence d’un prédateur dans la pièce ne pouvait signifier qu’une seule chose.

L’un des deux était venu pour tuer l’autre.

Le Yong tenta de bouger sa patte, toujours entravée par les chaînes. Il gémit de douleur et Bree eut un pincement au cœur. Elle voulait le détacher, le libérer, mais pas tant que Caleb serait sous sa forme de loup.

– Caleb, retransforme-toi, murmura-t-elle à son partenaire.

Mais son coéquipier, toujours en train de combattre et inconscient du danger grandissant, ne l’entendit pas. Le dragon leva sa deuxième patte, avec plus de force cette fois-ci, une puissance due à l’adrénaline qui parcourait son corps. La chaîne qui l’entravait retomba au sol dans un bruit fracassant.

Bree s’élança.

Une fraction de seconde trop tard.

Le Yong cueillit Caleb en plein milieu de la cage thoracique. Le coup le propulsa sur le mur opposé de la pièce. Bree entendit un terrible craquement et le loup s’écroula sur la pierre, immobile.

– Bordel ! jura la jeune femme.

Heureusement, il avait eu le temps de finir les deux Bonnets-Rouges, désormais étendus sur le sol de la cave, assommés. Bree s’arrêta brusquement.

Le Yong se tenait entre elle et le loup, la fixant de ses immenses yeux verts.

La pupille fendue du dragon était la fenêtre d’une âme pure, esseulée, effrayée. Bree remarqua qu’il n’avait pas d’ailes, simplement une longue crête et un corps torsadé. Ses naseaux se gonflaient de peur et Bree sut que, même si elle ne ressemblait pas à un prédateur, il allait l’attaquer.

Contre une créature de cette taille, la jeune femme, bien que combattante aguerrie, n’avait aucune chance. Pourtant, son instinct la poussa à entrouvrir les lèvres. L’idée lui parut d’abord saugrenue, cela marchait sur les animaux marins, mais sur les dragons ? Qu’à cela ne tienne, elle devait essayer !

Un mince filet de voix s’échappa de sa gorge. Un chant pur, calme, qui fila droit vers le cœur du Yong, l’incitant à se calmer.

Le chant d’une Sirène.

Non.

D’une Selkie.

Peu à peu, le regard du dragon sembla s’adoucir. Il battit des paupières une fois, puis deux. Bree éclaircit sa voix, enroula la mélodie pour que le Yong baisse définitivement sa garde. Enfin, après plusieurs secondes de doute, ce dernier reposa sa tête sur ses pattes et s’endormit.

Tout en se déplaçant vers Caleb, Bree continua de chanter. Le loup avait disparu pour laisser place à l’homme, tordu dans une position étrange, les yeux écarquillés par la surprise. La jeune femme posa deux doigts sur son cou, à la recherche d’un pouls.

Elle n’en trouva pas.

D’un geste fluide, qu’elle avait déjà répété trop de fois, Bree ferma les paupières de Caleb et s’assit à côté de lui, dans la petite cave humide, au milieu des corps assommés des Bonnets-Rouges.

L’agente spéciale de la BPCM n’était que colère et tristesse.

Colère, car Caleb lui avait désobéi. Colère, car, par sa faute, le commanditaire leur avait échappé.

Tristesse, car le jeune Lycanthrope était mort.

Bree appuya sa tête contre la roche sombre de la cave. Certains jours, elle adorait son métier. D’autres, comme celui-ci, où elle devait faire face à la perte et à la souffrance, elle le détestait.

Quand les renforts de la Brigade de la Protection des Créatures Magiques arrivèrent enfin, ils trouvèrent la jeune femme toujours assise sur le sol et elle leur jeta un regard noir. Le dragon au centre de la pièce semblait dormir du sommeil du juste.

Bree n’avait pas cessé de chanter.