Lorsque Bree rentra enfin chez elle, le soleil se levait sur Édimbourg. Elle avait passé le reste de la nuit à aider ses collègues de la brigade à embarquer les Bonnets-Rouges pour les interroger et à calmer les créatures affolées. Au moment de déplacer le Yong, il avait fallu ruser, et les agents avaient préféré endormir la bête avec des sédatifs pour ne rien risquer.
Toutes les créatures étaient désormais dans une zone de transit et seraient renvoyées dans leurs pays d’origine, où la brigade locale pourrait en prendre soin.
Quant à Caleb…
Bree secoua la tête en poussant la porte de son appartement. La culpabilité la rongeait. Elle ne cessait de se repasser le film de la nuit passée, se demandant ce qu’elle aurait pu faire autrement. Une seule minute d’inattention de sa part avait suffi à Caleb pour rentrer dans le repaire. Une minute qu’elle n’aurait jamais dû s’accorder.
Le soleil perçait à travers la fenêtre du salon et venait auréoler le parquet d’une douce lueur. Bree soupira en songeant qu’il ne ferait pas beau très longtemps, de sombres nuages pointant déjà leur nez à l’horizon.
L’agente baissa les yeux pour découvrir que Fergus ronronnait dans ses pattes. La Selkie le prit dans ses bras tandis que le félin au pelage tacheté de noir et de blanc frottait sa tête contre la sienne.
– Eh bien, Fergus, j’ai vraiment passé une sale nuit.
Un miaulement inquiet lui répondit alors qu’elle reposait l’animal au sol.
– Mon nouveau coéquipier est mort, continua Bree. Et j’ai vu un dragon pour la toute première fois. Moi qui pensais avoir passé l’âge des premières fois…
Bree traîna les pieds jusqu’à la cuisine, où elle ouvrit un placard à la recherche d’un encas. Elle avisa des petits biscuits secs qu’elle engloutit. Une fois rassasiée, elle se rendit dans la salle de bain.
Elle resta un long moment sous la douche, ses cheveux toujours tressés en couronne pour ne pas les mouiller. Si elle se faisait un shampooing maintenant, cela prendrait des heures à sécher, la Selkie possédant une chevelure si longue que, détachée, elle marchait dessus. Bree laissa l’eau froide glisser sur elle tandis qu’elle réfléchissait.
Elle en était désormais certaine, c’était un Djinn qu’elle avait vu avec les Bonnets-Rouges, cette nuit. Que pouvait bien faire un génie avec des malfrats pareils ? Et surtout, qui était le mystérieux commanditaire de toutes ces créatures ? Bree traquait les contrebandiers depuis des semaines et ce n’était pas la première fois qu’elle avait affaire à du trafic de créatures exotiques, mais voir un Yong dans une cave écossaise la dépassait.
Décidément, pensa-t-elle, nous vivons une époque étrange.
Alors qu’elle sortait de la baignoire pour s’envelopper d’une serviette, Bree capta son reflet dans le miroir. Comme chaque matin, elle fut déçue de voir qu’il lui renvoyait le même visage que la veille ; des cheveux d’un brun foncé qui contrastaient avec son teint pâle, presque diaphane, agrémenté de deux prunelles noires et d’un nez trop fin. La jeune femme savait qu’elle ne changerait pas. Vieillir était un privilège qui lui était refusé. Pourtant, elle ne désespérait pas de voir un jour quelques rides au coin de ses yeux où une mèche blanche parsemer sa chevelure sombre.
Bree estimait son âge à deux-cent-trente ans. Impossible de le savoir vraiment : elle était née dans la mer, comme toutes les Selkies, et elle ne tenait pas compte des dates à l’époque. Elle se rappelait en revanche l’année où elle avait repris conscience sur la plage, nue et humaine, sans aucune trace de sa peau ni de souvenirs de ce qui lui était arrivé. C’était en 1813.
Avant cette date terrible, la Selkie se souvenait clairement de sa vie dans l’océan, avec ses frères et ses sœurs. Elle se rappelait observer la terre de loin, se demandant ce qu’on pouvait y trouver, comment on y vivait, mais elle s’était toujours considérée comme chanceuse. Elle aimait nager, sentir les vagues jouer avec son corps de phoque, percer de temps à autre la surface pour s’amuser avec les oiseaux. Et puis, un jour…
Sans qu’elle ne sache comment, elle s’était réveillée sur la plage de Sandwood Bay, au nord des Highlands. Elle avait cherché sa peau des jours durant, son seul souhait étant de retourner dans l’océan.
En vain.
La peau de la Selkie s’était tout bonnement évaporée et, avec elle, les chances de Bree de retrouver sa famille et le calme rassurant des profondeurs.
Bree secoua la tête et chassa ses mauvaises pensées. Elle était immortelle, et alors ? Il y avait pire situation que de rester piégée dans le corps d’une femme de vingt ans. Elle avait un appartement, une carrière, un chat adorable.
Que pouvait-elle demander de plus ?
Dans le miroir, son reflet lui renvoya un sourire maladroit. Drôle de vie que la sienne.
Laissant retomber la serviette en bouchon sur le sol, Bree se dirigea vers sa chambre, aux rideaux toujours fermés, et se roula en boule dans les draps de son lit. Fergus la rejoignit immédiatement, ravi de pouvoir profiter d’une longue sieste en compagnie de sa maîtresse. Le félin ronronna contre le bras de la jeune femme qui lui caressa la tête entre les deux oreilles.
Exténuée, elle s’endormit rapidement, rêvant de dragons et de loups, de vagues et de sable, de Djinn et de Bonnets-Rouges aux yeux rubis.
Un bruit étrange tira Bree de son sommeil. Elle ouvrit péniblement un œil et se redressa, peinant à voir quelque chose dans la pénombre ambiante. Elle distingua cependant Fergus qui se roulait sur le dos, jouant avec un petit oiseau de papier entre ses pattes.
Bree grogna et balança ses jambes hors du lit. Elle arracha l’origami de la gueule de Fergus et sortit de la chambre pour lire l’inscription du message.
« Q.G. Immédiatement. »
– Un « s’il te plaît » n’aurait pas été de trop, pesta Bree en redonnant son nouveau jouet au chat.
Alisdair allait sûrement lui passer un sacré savon pour ce qui était arrivé à Caleb. Quoiqu’un peu stressée, Bree s’en fichait : ce n’était pas la première fois qu’elle se faisait remonter les bretelles par son chef et ce ne serait assurément pas la dernière. À côté de la mort de son coéquipier, les foudres d’Alisdair étaient le cadet de ses soucis.
Elle fut prête en quelques minutes, juste le temps pour elle d’enfiler l’uniforme réglementaire — à savoir une combinaison noire et des bottes — et de réajuster sa coiffure. Bree remit quelques croquettes dans la gamelle de Fergus et sortit dans le froid qui régnait sur Édimbourg.
Elle avait dû dormir toute la journée, car, alors qu’elle remontait la rue jouxtant Grass Market, le jour déclinait déjà derrière les toits d’ardoises et les bâtisses en pierre. La jeune femme aimait errer dans la vieille ville, sentir l’Histoire qui émanait d’Édimbourg comme une ambiance sombre et mystique. Bien qu’elle appréciât le calme de la campagne, la Selkie préférait la ville. C’était là un des nombreux paradoxes de sa personnalité : elle aimait être seule, mais entourée de gens.
Réalisant qu’elle traînait, Bree pressa le pas ; Alisdair était probablement en colère, inutile de l’énerver encore plus en arrivant après le coucher du soleil.
Remontant Victoria Street, elle s’engouffra sur Royal Mile et retint son souffle devant l’afflux de touristes. La foule la terrifiait ; elle cauchemardait souvent qu’elle se faisait engloutir au milieu d’autres gens, perdant tout sens de l’orientation et espoir de s’en sortir. Elle refoula une première attaque de panique et se glissa dans la rue en rasant les murs.
L’entrée du Q.G de la BPCM se trouvait, justement, dans l’arrière-boutique d’un attrape-touristes à la devanture blanche et verte. Ponchos de laine et petites cornemuses étaient étalés en tête de gondole avec d’autres objets souvenirs ; sous-verres, magnets et tire-bouchons, tous aux couleurs des clans écossais. Bree dut se faufiler entre quelques Français qui se prenaient en photo devant les écharpes en tartan.
Ridicule.
Saluant John — le concierge qui tenait la boutique — de la main, Bree disparut derrière le rideau de fils. Elle faillit s’étaler de tout son long plusieurs fois, trébuchant sur les cartons de magnets et les cartes postales.
– Quelqu’un devrait vraiment mettre de l’ordre dans tout ce bazar, pesta-t-elle.
Au prix d’un ultime effort, elle parvint devant une gigantesque cornemuse, attachée à un mur de pierres blanches. Avec sa main gantée, Bree boucha le troisième tuyau et appuya quatre fois sur le réservoir. L’instrument émit un bruit essoufflé, puis dévoila l’escalier en colimaçon qui se cachait derrière.
La jeune femme s’y engouffra, prenant garde à bien refermer le passage derrière elle. La dernière chose qu’elle voulait était qu’un touriste égaré la suivît, comme cela était déjà arrivé à un de ses collègues, Chris. Le pauvre japonais s’était retrouvé dans les couloirs du Q.G, nez à nez avec un groupe de Leprechauns et un Faune. Il avait fallu lui faire boire une potion d’amnésie pour qu’il oubliât sa mésaventure.
Ce souvenir arracha un sourire à Bree. Chris s’était fait charrier pendant des semaines, après cet évènement, et cette image de Brownie étourdi lui collait encore parfois à la peau.
Après avoir dévalé les marches, la jeune femme fila à toute allure vers le bureau d’Alisdair. Les couloirs du Q.G étaient de véritables dédales, destinés à perdre quiconque de mal informé oserait s’y aventurer. Combien s’étaient déjà égarés dans le labyrinthe avant de retrouver leur chemin, plusieurs jours plus tard ? La pierre sombre était semblable partout, les portes résolument les mêmes et aucun panneau d’aucune sorte n’aidait les visiteurs.
Si autrefois les longs corridors étaient éclairés à la torche, la BPCM avait récemment fait installer la fameuse électricité, au grand dam de Bree. Technophobe assumée, elle avait bien du mal à supporter le progrès humain, encore plus quand ce dernier s’imposait à son quotidien. Le Q.G était donc désormais affublé d’une lumière trop blanche, bien loin de l’ambiance mystérieuse que lui conféraient les flambeaux accrochés au mur.
Alors qu’elle marchait, Bree capta quelques regards de ses collègues où se mêlaient désolation et appréhension.
Aucun doute, elle allait passer un mauvais quart d’heure.
– Hé, Bree ! l’interpella Jess, une nouvelle recrue.
Jess venait d’être transférée de l’agence de Grèce. La Nymphe des bois était encore en formation et attendait d’être assignée à sa première mission. En l’entendant, Bree tourna à peine la tête et pressa le pas.
– J’ai appris pour Caleb, haleta Jess, qui devait presque courir pour se maintenir à sa hauteur. Je suis vraiment désolée.
Bree aurait dû la remercier, elle le savait. Lui dire que sa considération la touchait, qu’elle était émue par cette attention. Mais il n’en était rien. Alors, pourquoi mentir ?
– Caleb a été imprudent. Sa mort est certes regrettable, mais il a payé le prix de son ambition.
Du coin de l’œil, elle vit les lèvres de Jess se pincer et son visage se fermer.
– Oh, je vois.
La Nymphe continua cependant de marcher à ses côtés jusqu’à la porte du bureau d’Alisdair. Alors que Bree s’apprêtait à frapper, Jess l’interrompit d’un geste.
– Quand tu sortiras d’ici, peut-être pourrions-nous aller prendre une bière ? Je connais un endroit fabuleux où…
– Je ne bois pas, la coupa Bree en entrant dans la pièce et en refermant la porte derrière elle.
– Je vois que tu as toujours un certain talent pour te faire des amis, tonitrua une voix dans son dos.
Bree se retourna. Alisdair était assis à son bureau, une main fourrée dans sa barbe rousse pour la démêler et l’autre tapotant sur le bois verni. Il la fixait de son regard émeraude, si perçant que Bree déglutit. Alisdair l’avait toujours impressionnée. Debout, le demi-Géant faisait plus de trois mètres de haut. Le kilt aux couleurs rouges et noires du clan Brodie, qu’il ne quittait jamais, lui conférait également un air imposant. La Selkie s’avança doucement, sans lâcher le Géant des yeux. Elle ne voulait pas lui montrer qu’elle craignait sa colère, ne serait-ce qu’un tout petit peu.
– Assieds-toi, lui ordonna le chef de la BPCM en désignant la chaise devant elle.
Bree obéit sans discuter. Elle savait que contredire Alisdair alors qu’il était dans son bureau était peine perdue. Ici, tout était sous son contrôle et cela se voyait. Rien, absolument rien, ne dépassait. Pas un fil de tapis, pas un livre de la bibliothèque, pas une feuille dans la pile de dossiers. Même l’ambiance qui régnait là était différente comparée au reste des souterrains. Si les couloirs de l’agence étaient parfaitement éclairés, l’antre d’Alisdair se voulait plus feutré, plus tamisé. Quelques torches étaient accrochées au mur — lui au moins n’avait pas succombé à l’électricité — et la couleur de leurs flammes obéissait à l’humeur de leur propriétaire. Bree remarqua qu’elles étaient un peu plus rougeoyantes que d’habitude et se promit de rester calme.
– Que s’est-il passé ? demanda Alisdair de but en blanc en croisant ses mains devant lui.
– Caleb a échappé à ma vigilance, expliqua Bree d’une voix la plus douce possible. Il s’est transformé en loup alors que je lui avais ordonné de ne pas le faire. Le Yong a pris peur et l’a tué d’un seul coup de patte.
Alisdair souffla tandis que les flammes se mettaient à rougeoyer davantage.
– Et comment a-t-il pu échapper à ta vigilance ? N’était-il pas sous ta protection ?
Bree ouvrit la bouche, puis se ravisa. Elle allait lui dire qu’elle travaillait mieux seule et que Caleb avait, de toute évidence, été mal formé. Cependant, elle se doutait que ce n’était pas ce qu’Alisdair voulait entendre.
– Bree… C’est le troisième coéquipier qui ressort mort ou blessé d’une de vos expéditions en moins d’un an ! Maiwen est toujours en rééducation et je doute que Peev veuille un jour repartir en mission !
Ce fut au tour de Bree de soupirer. Était-ce sa faute si on lui collait dans les pattes des jeunes partenaires ambitieux qui n’en faisaient qu’à leur tête ?
– Je… commença-t-elle.
– Si c’est pour me dire que tu travaillerais mieux seule, abstiens-toi ! gronda le demi-géant en fronçant les sourcils.
– Je suis désolée pour ce qui est arrivé à Caleb. Mais il m’a désobéi. Nous étions supposés attendre les renforts à l’extérieur, comme l’exige le règlement, et il est entré à la vitesse de la lumière sans ma permission. Les jeunes agents sont…
– Ils sont quoi ?
– Trop ambitieux ! Ils veulent grimper les échelons de l’agence trop vite, avoir des missions toujours plus importantes, et cela les conduit à l’imprudence.
– Si je me souviens bien, tu l’étais tout autant.
Piquée au vif, Bree ne trouva rien à répondre. Elle-même était passée à côté de la mort un certain nombre de fois, enfreignant le règlement pour faire ce qu’elle croyait être juste.
– J’étais intrépide, c’est vrai, admit-elle. Mais je ne manquais pas de bon sens.
Alisdair s’affaissa sur sa chaise et il sembla à Bree que les torches reprenaient peu à peu leurs couleurs normales.
– Cette mission n’aura pas été un désastre de bout en bout… Nous avons pu sauver une vingtaine de créatures, dont le Yong, qui repart pour sa Corée natale ce soir.
– Tu as une idée de l’identité du commanditaire ? Que peut-on bien vouloir faire d’un dragon ?
– Des tas de choses ! On peut vouloir un dragon pour l’argent, pour les vertus magiques de ses écailles, pour le simple plaisir de la collection… énuméra Alisdair. Ce ne sont pas les raisons qui manquent. Quoi qu’il en soit, tu es retirée de l’affaire. Trudy et Gale l’ont reprise.
– Quoi ?!
Bree se leva de sa chaise, furieuse. Voilà des semaines qu’elle traquait les contrebandiers et, alors qu’elle faisait enfin une découverte intéressante, on la mettait au placard ? Hors de question qu’elle laisse passer ça !
– Je suis dessus depuis le début, c’est moi qui ai trouvé leurs traces, moi qui les ai débusqués, c’est à moi de terminer ce que j’ai commencé ! hurla-t-elle en tapant du poing sur le bureau.
La vibration du coup fit rouler un crayon sur la droite, qu’Alisdair s’empressa de replacer dans son axe.
– Je pense que tu m’as suffisamment prouvé que tu étais incapable de travailler en équipe ! s’écria le chef de la BPCM. Et il n’est pas question que je laisse l’un de mes meilleurs agents traquer ces contrebandiers seul.
– Je ne me ferais pas tuer, si je trouve quelque chose j’appellerais des renforts et…
– C’est non, Bree !
Bree sentait que le verdict était sans appel et que des supplications de sa part ne changeraient pas la donne. Alisdair était réputé pour être têtu, et il criait plus fort qu’elle.
– Alors quoi ? Tu me renvoies faire de l’administratif, tu…
– Nom d’une goule, Bree, et si tu me laissais parler ?
La Selkie se laissa retomber sur son siège et croisa les bras, l’air résigné.
– Bien. J’ai une autre mission pour toi. Une mission de la plus haute importance, alors ouvre grands tes yeux et tes oreilles. Ce que je vais te dire ne doit pas sortir de ce bureau.
La colère de Bree fut soudainement chassée par la curiosité. Elle fronça les sourcils tandis qu’Alisdair se levait pour pousser un panneau derrière lui, dévoilant ce qu’elle devina être un écran de télévision.
– Je croyais que tu étais aussi réfractaire que moi à la technologie humaine ? demanda la Selkie.
– Je le suis, mais il faut admettre que, de temps à autre, les mortels inventent des choses épatantes. Attends que je me souvienne comment marche ce truc…
Le demi-géant prit un petit boitier et appuya sur un bouton. Une image apparut instantanément, montrant une autre pièce du Q.G dans laquelle un jeune homme faisait les cent pas.
– Je te présente Jace Miller, dit Alisdair en ouvrant le premier dossier de sa pile. Il est arrivé ce matin.
– Si tu veux me coller sa formation dans les pattes, je te préviens tout de suite…
– Laisse-moi parler, j’ai dit ! Jace, donc, nous vient tout droit de New York, où il vivait avec sa mère. Ils ont été attaqués avant-hier soir alors qu’ils étaient, depuis des années, sous la protection de la brigade américaine. La mère est en soins intensifs à l’hôpital magique de New York, mais nous devions transférer Jace de toute urgence.
Bree se leva et se rapprocha de l’écran, jusqu’à presque y coller son nez. Ce jeune homme était une créature magique ? D’ici, impossible de le dire. Il semblait tout à fait normal. Il était vêtu d’un jean brut et d’un t-shirt blanc et ses longs cheveux de jais étaient retenus par une fine queue de cheval basse. Bree devina immédiatement, grâce à la forme carrée de son visage et la couleur de sa peau, ses origines amérindiennes. De quelle tribu, en revanche, elle était bien incapable de le dire.
– Qui les a attaqués ? Et pourquoi ?
– Nous ignorons qui a orchestré l’offensive. Néanmoins, nous sommes certains qu’ils en avaient après ce garçon.
Bree se retourna vers Alisdair. Elle avait un drôle de pressentiment.
– C’est un Oracle, Bree. Le dernier Oracle.