Le Manoir des Highlands

 

 

Avec sa tapisserie rose pâle et sa frise fleurie, la décoration était un peu vieillotte, mais la Selkie ne l’aurait changée pour rien au monde. L’agente retira ses chaussures et savoura la sensation de ses pieds nus sur la moquette lie de vin. Le lit trônait toujours au centre, enveloppé dans un édredon en tartan contre lequel Bree se rappelait s’être blottie des centaines de fois. La jeune femme s’allongea et en respira l’odeur, constatant avec bonheur qu’elle non plus n’avait pas changé. La couverture avait le même parfum de lavande et de menthe, comme si les couleurs mauves et vertes s’animaient pour lui conférer cette fragrance.

Elle avait tant à réfléchir ; sur les Bonnets-Rouges, sur la Sorcière sombre, sur Jace… Cependant, ses paupières se firent trop lourdes pour qu’elle puisse les porter davantage. Ses yeux se fermèrent et, instantanément, Bree s’endormit.

 

Jace ouvrit une énième porte et soupira. Cet endroit était beaucoup plus grand qu’il n’y paraissait.

Après que Gale l’eut mené à sa chambre, l’amérindien s’était accordé un repos bien mérité. Il s’était écroulé sur le lit et avait fait une longue sieste, ne se réveillant qu’au milieu de l’après-midi, alors que le jour laissait déjà place à la nuit. Une pluie torrentielle battait les fenêtres et de gros nuages sombres barraient l’horizon, signe que la météo ne se montrerait pas plus clémente les prochains jours. Jace s’était immédiatement demandé où était Bree et avait entrepris de partir à sa recherche.

Les longs couloirs du manoir, cependant, semblaient receler nombre de mystères. Maintes fois, Jace se retrouva face à une porte verrouillée et sa curiosité maladive le rongeait un peu plus à chaque fois qu’une serrure refusait de céder sous ses doigts.

Après avoir fouillé tout le premier étage — et seulement découvert un placard à balais et des chambres vides — Jace se faufila au deuxième. Sur le palier, il entendit les éclats de rire de Trudy et Gale provenant d’une chambre sur la droite et passa devant sur la pointe des pieds. Les jumeaux semblaient aimables, mais bizarres. Jace ne s’expliquait pas l’attraction étrange que le Succube exerçait quand elle était près de lui et cela le mettait foncièrement mal à l’aise. Il préférait, et de loin, le calme énigmatique de sa garde du corps. Alors qu’il poussait une énième porte, un peu démotivé, il la trouva enfin.

Bree dormait à poings fermés, les traits détendus. Elle avait gardé tous ses vêtements, comme si elle s’était simplement évanouie là, sur l’édredon en tartan. En la voyant ainsi, l’air si apaisé, Jace se figea. Sa garde du corps lui semblait soudain moins redoutable, presque fragile. Comme l’Oracle aurait aimé se glisser sous ses paupières pour être témoin de ses rêves ! Bree demeurait un mystère pour lui, mystère qu’il voulait percer, petit à petit, comme on craque une crème brûlée du bout de sa cuillère pour en savourer l’instant.

Il se rapprocha doucement, la moquette absorbant le bruit de ses pas. Cette nuit, dans la voiture, il s’en était fallu de peu pour qu’il l’embrasse. Et qu’elle se laisse faire ! Jace n’en revenait toujours pas. Se pouvait-il que, sous la carapace solide de Bree, se cache un être sensible et aimant ?

Une seule façon de le savoir.

Alors qu’il avançait encore et tendait la main vers son visage pour caresser une mèche de cheveux, la jeune femme ouvrit subitement les yeux.

– Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle d’une voix endormie en se redressant.

– Je… heu…

Jace balbutia, ne sachant quoi répondre. Il avait tout naturellement cherché Bree, car elle était son seul repère dans ce nouveau monde. De plus, il s’inquiétait pour elle. La veille, elle avait semblé si dépitée en pensant qu’elle serait renvoyée de la BPCM… Jace ne permettrait pas qu’une telle chose se produise par sa faute.

– Je me demandais quand nous nous rendrions au Loch Ness, pour poursuivre notre enquête ?

L’Oracle se mordit la lèvre, conscient que ce n’était qu’une pâle excuse. Bree se laissa retomber mollement sur l’oreiller et passa une main dans ses cheveux.

– Je crains que notre rôle dans cette affaire ne s’arrête ici, mon cher Jace.

– Que veux-tu dire par là ? demanda l’Oracle en s’asseyant au bord du lit.

– J’ai été suspendue. Alisdair me renvoie à Édimbourg demain matin…

– Et moi ? Je rentre avec toi ?

– Non, je…

Bree prit une grande inspiration. Elle sentait les prunelles pleines d’espoir de Jace sur elle et son cœur se serra.

– Tu vas rester ici, avec Alisdair, termina-t-elle sans oser regarder l’amérindien dans les yeux. Je t’ai assez mis en danger. Tu te porteras mieux sans moi.

Sa phrase s’était achevée dans un murmure et la Selkie ramena ses jambes contre son torse. Devant elle, Jace ne desserrait pas la mâchoire. Ses poings s’étaient crispés subitement et les traits de son visage, d’ordinaire paisibles, étaient tendus. Bree devinait son agacement et se demanda un instant si le jeune homme n’allait pas faire un gros caprice.

– Je ne veux pas rester ici ! pesta-t-il soudain en se relevant d’un bond. Je veux poursuivre notre enquête !

– Ce n’est pas possible, Jace…

– Pourquoi ? Parce qu’un type en kilt de trois mètres cinquante t’a ordonné de rentrer chez toi ? Parce qu’après m’avoir fait traverser l’Écosse de bout en bout, tu estimes avoir suffisamment admiré le paysage ? Bon sang, Bree, on ne peut pas s’arrêter si près du but…

La colère de Jace résonnait en Bree, mais elle ne trouvait pas la force de lui faire écho. Ces derniers jours, elle avait été bien trop imprudente, et elle refusait de mettre davantage le jeune homme en danger. Si, comme elle le pensait, la Sorcière sombre menait à la fois les contrebandiers et les mercenaires, elle ne pousserait pas plus l’Oracle dans la gueule du loup.

– Je suis désolée, Jace, soupira-t-elle. Mais c’est ainsi. Demain, je rentre à Édimbourg et tu ne m’accompagnes pas.

La sentence tomba comme un couperet et Jace, interdit, fixa longtemps la Selkie. Il ne pouvait pas croire qu’elle allait réellement abandonner.

– Pourquoi ? insista-t-il. Cette histoire de contrebandiers te passionnait tellement… Tu as même échangé ton secret contre celui de l’Ondine ! Ne me dis pas que tu as fait tout ça pour rien !

Bree serra les poings. Elle avait laissé cette enquête s’immiscer bien trop profondément dans sa vie. Tout comme Jace, d’ailleurs. Elle ignorait ce qu’il lui avait pris ni quelle étrange force mystique l’avait poussée à sacrifier autant pour aller au bout de son aventure. À présent, avant même d’avoir le fin mot de l’histoire, elle se sentait vidée, à bout de forces. Qui que soit son adversaire, elle n’était pas de taille à l’affronter.

Et, dans l’état actuel des choses, elle n’était pas plus capable d’affronter Jace, qui attendait désespérément une réponse.

– Trudy et Gale reprennent l’affaire. Ce qu’ils feront et où ils iront à présent, je m’en moque. Cela ne me concerne plus. Tu ne me concernes plus.

La dernière phrase s’était échappée de ses lèvres sans qu’elle le veuille vraiment, mais elle savait que c’était le seul moyen pour que Jace prît la mouche et se fît une raison. L’amérindien, les joues rougies par la colère, lui lança un regard noir et lâcha du bout des lèvres :

– Je vois…

En trois enjambées, il ouvrit la porte et la claqua violemment derrière lui. Bree poussa un long soupir tandis que son cœur, ou ce qu’il en restait, se fissurait un peu plus. Blesser Jace n’avait jamais fait partie de ses plans, mais si c’était là le seul moyen de le protéger, elle le referait sans hésiter.

Les paroles du jeune homme, cependant, résonnaient encore en elle. Elle ne pouvait pas avoir fait tout cela pour rien. Elle était trop impliquée dans cette histoire pour se contenter de rentrer à Édimbourg et reprendre sa vie telle qu’elle l’avait laissée. De toute façon, puisqu’elle était suspendue, n’était-elle pas libre de ses mouvements ? Et si elle voulait passer quelques jours de vacances au bord du Loch Ness, ce n’était certainement pas Alisdair qui allait l’en empêcher !

Elle traversa la chambre et ouvrit le placard. Elle en dégagea une serviette éponge et une tenue de rechange. Puis, elle sortit à son tour de la chambre, bien décidée à se relaxer dans un bon bain glacé…

En s’autorisant, néanmoins, un court détour par la bibliothèque du manoir.

 

Les bras chargés de vieux livres sur le Loch Ness et son énigmatique monstre, Bree pénétra dans la salle de bain et remplit la baignoire en y ajoutant quelques sels. Elle soupira d’aise en glissant un pied dans l’eau glacée et en respira la douce fragrance iodée. Cette fois, elle ne prit pas la peine d’attacher ses cheveux et les laissa simplement reposer sur le carrelage blanc. Une fois qu’elle fut confortablement installée, elle attrapa le premier ouvrage et entama sa lecture.

Bien qu’elle eût autrefois vécu près du Loch Ness, la Selkie n’avait jamais prêté qu’une oreille distraite aux légendes qui entouraient le lieu. Pour elle, il n’était rien qu’un lac parmi tant d’autres et son monstre demeurait une créature énigmatique, certes, mais endormie depuis si longtemps qu’elle en perdait tout intérêt.

La dernière apparition de Nessie à la surface remontait au XVIe siècle et les archives de la BPCM étaient formelles : depuis lors, l’animal était plongé dans un profond sommeil. La localisation exacte du monstre dans le Loch était évidemment gardée secrète, et seule une poignée d’agents la connaissaient. De temps à autre, l’un d’entre eux s’en allait vérifier que la créature dormait toujours, puis remontait à la surface. Voilà, en tout cas, ce qu’on apprenait aux jeunes agents de la BPCM qui osaient poser la question.

Si Bree n’avait pas eu peur de s’attirer les suspicions d’Alisdair, elle aurait aimé l’interroger à ce sujet. Cependant, elle jugeait plus sage de se contenter de la compagnie des livres qui, il était important de le souligner, ne l’avaient jamais déçue.

Cette fois, néanmoins, sa lecture ne la rassasia pas autant qu’elle l’aurait cru. Les informations sur le loch et son mystérieux locataire étaient sommaires et, dans les grandes lignes, il en ressortait ceci : ce qu’on savait, c’est qu’on ne savait rien du tout. Ni l’origine de la créature ni le secret de sa longévité et encore moins à quoi elle ressemblait vraiment. Si d’aucuns s’amusaient à avancer des théories farfelues sur une bête préhistorique, d’autres se plaisaient à affirmer que Nessie n’était autre qu’une vulgaire anguille géante.

Agacée de n’avoir rien appris, la Selkie referma bruyamment le dernier livre. Au même moment, la porte de la salle de bain s’ouvrit, dévoilant la dernière personne que Bree souhaitait voir.

– Oh, j’ignorais que tu étais là-dedans, fit mine de s’excuser Trudy.

Bree pinça les lèvres. Alors qu’elle s’attendait à ce que le Succube se détourne et se mette en quête d’une autre salle de bain — le manoir en possédait au moins cinq —, sa collègue se dévêtit et, sans plus de cérémonie, se glissa dans la baignoire.

– Je peux savoir ce que tu fiches ?! s’exclama Bree, outrée.

– Oh, ça va, ne fais pas ta mijaurée avec moi. Comment peux-tu prendre un bain aussi froid ?

Trudy se pencha pour activer le robinet d’eau chaude. Son corps impeccable ondula sous la surface. Bree reconnaissait, en toute franchise, que le Succube possédait d’indéniables atouts : sa peau était dorée comme du sable, joliment décorée par plusieurs tatouages qui courraient le long de ses bras et de ses jambes.

Énervée par l’intrusion de sa collègue, la Selkie fit mine de se lever, mais Trudy la retint par la cheville.

– Pas si vite. Et si on passait un petit moment entre filles ?

– Non, merci.

Le Succube afficha une moue amusée et fit glisser son regard sur le corps de sa collègue.

– Dis donc ! siffla-t-elle. Tu es drôlement bien faite, je n’aurais jamais pensé, avec tous tes vêtements informes…

– Lâche-moi, maintenant ! s’agaça Bree, toujours retenue par le pied.

L’agente de la BPCM songeait à fracasser la tête de Trudy contre le rebord de la baignoire, quand cette dernière dit doucement :

– Allons, détends-toi. Tu ne trouverais pas ça dommage, si Alisdair avait vent de tes petites recherches ?

Elle jeta un œil sur le sol où reposaient les livres sur le Loch Ness. Bree poussa un long soupir. Trudy avait toujours excellé au chantage et il était évident qu’elle ne la laisserait pas tranquille tant qu’elle n’aurait pas obtenu satisfaction. La mine boudeuse, la Selkie se renfonça dans la baignoire.

– Je t’écoute, grogna-t-elle.

Trudy lui dévoila des dents blanches impeccablement alignées. D’un geste gracieux, elle attacha ses cheveux blonds en un chignon flou et commença :

– Gale et moi avons interrogé ton petit Bonnet-Rouge. Il s’est montré… plutôt coopératif.

Si la créature était passée entre les mains des jumeaux démoniaques, Bree ne doutait pas qu’il avait révélé tous ses secrets. En plus de leur sérieux penchant pour la luxure, Trudy et Gale étaient connus, au Q.G, pour leurs méthodes d’interrogatoires pour le moins controversées. Bree ne prêtait jamais une oreille attentive aux commérages, mais elle s’était toujours demandé comment les jumeaux s’y prenaient pour faire parler leurs victimes.

Une autre question lui brûlait cependant les lèvres :

– Pourquoi tu me parles de ça ? J’ai été suspendue, et tu le sais très bien.

– Tout comme je sais que tu es la meilleure enquêtrice de la BPCM et aussi la plus têtue. Alisdair peut bien te renvoyer cent fois, tu ne laisseras jamais tomber cette affaire. Je me trompe ?

Bree se sentit soudain sondée par le regard bleu perçant de Trudy. Le Succube semblait lire en elle comme dans un livre ouvert. Était-elle réellement si prévisible ?

– Je veux savoir ce que tu en penses, dit l’agente en s’affaissant un peu plus dans la baignoire et en attrapant un savon. Après tout, nous sommes dans le même camp. Ces contrebandiers nous mènent en bateau depuis des semaines et je me refuse à croire qu’il s’agisse d’une simple affaire de trafic de créatures magiques. Il y a autre chose.

Bree en resta sans voix. Alors qu’Alisdair avait balayé ses soupçons d’un revers de la main, Trudy semblait être arrivée aux mêmes conclusions qu’elle. La surprise passée, elle se reprit :

– Je suis d’accord. Notre ennemi est plus puissant que nous le pensions.

– Le Bonnet-Rouge a avoué qu’il n’avait jamais rencontré le commanditaire en personne. En revanche, ce dernier donne des ordres bien précis au Djinn… Comment s’appelle-t-il déjà ?

– Hilgins.

– Ah oui, c’est ça, Hilgins. Celui-là a interdiction de s’éloigner de la marchandise. Le Bonnet-Rouge nous a raconté que, pour rejoindre les Fairy Pools, le Djinn les avait fait passer de ruine en ruine pour garder les créatures à l’abri des regards indiscrets.

– Ils en ont encore en leur possession ? s’étonna Bree. Je croyais que la BPCM avait renvoyé toutes les créatures trouvées dans le repaire d’Édimbourg dans leur pays d’origine ?

– Eh bien, selon notre ami, ce n’était qu’une toute petite partie de leur cargaison. Ils ne se séparent plus du reste. Je n’ai pas tellement réussi à savoir ce qu’ils transportent réellement. Les Bonnets-Rouges manquent cruellement de vocabulaire.

Bree était de plus en plus perplexe. Elle était persuadée d’avoir sauvé toutes les créatures, ne laissant que les coupables en liberté. Les révélations de Trudy remettaient tout en cause.

– Alors ça veut dire… commença-t-elle ?

–… que, dans une ruine non loin d’ici, se trouve une cargaison illégale de créatures magiques, tout à fait.

Le cerveau de Bree moulinait à toute vitesse. Elle connaissait la région sur le bout des doigts et, des ruines suffisamment grandes pour cacher des animaux magiques, il n’y en avait pas cinquante. De plus, si la Sorcière sombre convoitait le monstre du Loch Ness, cela ne leur laissait plus qu’une seule possibilité…

– Le Château d’Urquhart… souffla Bree.

Trudy acquiesça.

– Mais il est constamment ouvert au public…

– Pas en ce moment ! s’exclama le Succube. Je suis passée à l’office du tourisme d’Inverness tout à l’heure et, pendant tout le mois de novembre, le château est en rénovation.

C’était une trop grosse coïncidence. Décidément, la personne qui tirait les ficelles de l’organisation avait une grande influence, dans le monde magique comme chez les mortels. Bree se sentait dépassée par tant d’informations.

– Tu en as parlé à Alisdair ?

– Oui. Gale et moi partons après le dîner en mission de repérage sur les lieux. Il nous a donné vingt-quatre heures pour revenir avec le maximum d’éléments.

La Selkie pinça les lèvres et réfléchit. Si les jumeaux les quittaient dans la soirée, il y avait tout à parier qu’ils prendraient la Jeep avec eux. La Selkie savait que ses chances de se glisser dans la voiture étaient minimes. Il fallait donc qu’elle trouve un autre moyen d’échapper à la vigilance d’Alisdair.

– Bree, je dois savoir, dit soudain Trudy en lui prenant les mains.

Le Succube avait quitté sa moue éternellement moqueuse et affichait un regard on ne peut plus sérieux. Elle plongea ses yeux océan dans ceux de la Selkie et demanda :

– Notre ennemi, tu l’as vu ? À quoi ressemble-t-il ? Si je dois me battre, je veux savoir à quoi m’attendre.

– Je… C’est une Sorcière, vêtue d’une longue cape sombre. J’ai aperçu une mèche de cheveux roux et…

La gorge de Bree se serra. Lorsqu’elle repensait à la créature qu’elle avait vue pour la première fois dans le mausolée, un sentiment de malaise s’emparait d’elle, comme une impression de déjà-vu fugace et étrange.

– Et ? demanda Trudy.

– Et je ne sais pas. Elle est dangereuse, c’est tout. Puissante. Si tu la croises, ne tente pas de la combattre. Appelle du renfort.

– Je vois…

Trudy allait rajouter quelque chose lorsque la porte de la salle de bain s’ouvrit à la volée, dévoilant un Gale surpris et amusé.

– Je vous cherchais, toutes les deux ! Il reste de la place pour moi ?

Bree eut la soudaine envie de disparaître sous l’eau et de s’y noyer. Trudy, elle, éclata de rire, bientôt rejointe par son frère.

– Ne fais pas ta mauvaise tête, Bree, je plaisantais ! s’exclama l’Incube. C’est Alisdair qui m’envoie. Le dîner est servi !