Convalescence

 

 

Bree flottait. Pas comme on flotte dans les airs, non.

Elle flottait dans l’eau.

La Selkie se sentait différente. Elle n’avait plus ni bras ni jambes, simplement des nageoires. L’océan vibrait tout autour d’elle, ravi de l’accueillir de nouveau en son sein. Au loin, d’autres phoques l’attendaient, immobiles au milieu de l’immensité bleue. Tous leurs regards étaient dardés sur elle et Bree devina qu’il s’agissait de ses sœurs. Elle s’élança pour les rejoindre, mais une main la retint prisonnière.

Elle se retourna. Jace était là, dans l’eau lui aussi. Son visage était paré d’un air triste qu’elle ne lui connaissait pas. Elle s’apprêtait à lui demander ce qui n’allait pas lorsqu’elle se rappela que, sous sa forme de phoque, parler lui était impossible. L’Oracle ouvrit la bouche et, la voix étouffée par l’eau, hurla :

– Reste !

Bree se redressa et écarquilla les yeux, haletante. Elle n’était plus dans l’océan, mais dans une petite chambre à la décoration fleurie. Allongée dans un lit, les draps jusqu’au cou, elle tenta aussitôt de se relever, paniquée.

– Doucement, Bree, doucement…

Elle tourna la tête. Alisdair était assis à côté d’elle, dans un gros fauteuil molletonneux. Il se leva et la força à se rallonger.

– Alisdair ? balbutia la Selkie d’une voix éraillée. Qu’est-ce que… ? Où suis-je ?

Le demi-Géant lui sourit et lui caressa la joue. Si, d’ordinaire, elle se serait crispée à son contact, cela ne la dérangea pas tant. Il se rassit à côté d’elle et lui prit la main.

– Nous sommes de retour à Édimbourg. Et tu es, plus précisément, dans une des chambres du Q.G. Tu étais mal en point, Bree, et j’ai cru…

– Où est Jace ? le coupa-t-elle en tentant une nouvelle fois de se relever.

Elle jetait des coups d’œil affolés autour d’elle, à la recherche de l’Oracle. Quelques bribes de souvenirs lui revinrent en mémoire ; Jace se battant contre la Sorcière, trébuchant sur un rocher, et…

– Où est-il ? hurla-t-elle.

Alisdair se releva pour la maintenir sur le lit, mais elle se débattait comme une folle.

– Nom d’une goule, Bree, calme-toi ! Jace va bien ! Il est dans la chambre voisine, et…

– Je veux le voir ! Laisse-moi passer…

– Calme-toi, sinon je demande au docteur de t’assommer pour trois jours de plus !

La voix puissante et la menace du chef de la BPCM suffirent à calmer Bree. Peu à peu, son rythme cardiaque décéléra et elle consentit à se rallonger, déjà épuisée.

– Tu le verras plus tard, il est en sécurité, je te le promets.

Cela rasséréna un peu la jeune femme. Au même moment, une silhouette blanche entra dans la chambre et referma la porte derrière elle.

– Ah, Bree ! s’exclama-t-elle. Tu es réveillée ! Comment te sens-tu ?

Alors qu’elle s’approchait du lit, la Selkie reconnut Shannon, l’Elfe-doctoresse de la BPCM.

– J’ai… mal au crâne, répondit-elle.

Elle avait l’impression qu’un ouragan incontrôlable se déchaînait derrière ses orbites. Éblouie par la blancheur de la tenue de l’Elfe, elle dut mettre sa main en visière pour mieux la regarder.

Shannon n’avait pas changé d’un iota depuis la dernière fois qu’elle l’avait vue, près de dix ans auparavant. Ses longs cheveux d’argent, relevés sur sa tête en un chignon strict, enjolivaient un visage lisse, sans la moindre imperfection. Si l’Elfe paraissait avoir à peine trente ans, Bree savait qu’on pouvait aisément multiplier ce chiffre par dix. Tout comme Alisdair, Shannon vieillissait si lentement qu’à l’échelle d’une dizaine d’années, le moindre changement était imperceptible.

– C’est normal, répondit-elle. Tu as dormi longtemps, ton corps doit se remettre.

– Combien… ?

– Nous sommes rentrés depuis quatre jours, dit Alisdair, devinant sa question.

La nouvelle s’abattit sur Bree, l’enveloppant d’une chape de fatigue. Quatre jours ? Elle ne se souvenait de rien, si ce n’était s’être écroulée au bord du Loch Ness, après avoir…

– Les Selkies, murmura-t-elle. Elles ont…

Elle tourna la tête vers Alisdair, qui lui renvoya un sourire mélancolique.

– Je t’avais dit que je ferais appel à de vieilles connaissances. Lorsque je me suis rendu compte que Jace était parti avec toi, j’ai écumé tout Inverness pour obtenir de l’aide. Quand elles ont su que l’une des leurs était en danger, les Selkies ont accepté de nous porter secours.

Une boule se lova dans la gorge de Bree. Depuis qu’elle avait décidé d’arrêter de chercher sa peau, elle n’avait pour ainsi dire jamais eu de contact avec ses semblables. Savoir qu’elle pouvait toujours compter sur leur soutien était d’une valeur inestimable.

Cependant, le souvenir de Deirdre et de son meurtre terrible s’imposa à elle et l’empêcha de se réjouir tout à fait.

– Je ne méritais pas leur aide, souffla-t-elle.

– Pourquoi dis-tu une chose pareille ? demanda Alisdair, alors que Shannon prenait le pouls de Bree.

La Selkie se mordit la lèvre.

– Pour rien, ajouta-t-elle, pressée de changer de sujet. Qu’est-il advenu de la Sorcière ?

– Elle a réussi à s’échapper avec le Djinn, déplora le demi-Géant. J’ignore comment elle a fait, mais elle semble être parvenue à se téléporter. N’aie crainte ; où qu’elle soit, nous aurons tôt fait de la débusquer. Jace nous a fait un portrait d’elle, que nous avons transmis aux BPCM du monde entier.

– S’ils grouillent d’agents doubles, ça ne va pas servir à grand-chose, pesta Bree.

Elle fulminait. Cette mission avait été un fiasco de A à Z.

Shannon acheva de l’examiner, puis lui fit promettre de garder le lit le plus longtemps possible. Lorsqu’elle souleva le drap pour regarder la blessure de Bree, cette dernière fut surprise de voir qu’il ne restait déjà plus qu’une fine cicatrice.

– J’aurais pu la guérir complètement, dit Shannon, mais Alisdair s’est dit que tu voudrais la garder…

Bree acquiesça. Son ami la connaissait si bien… Cette bataille-là, elle ne voulait pas l’oublier, jamais. Elle attendit que la doctoresse soit partie pour se tourner vers le chef de la BPCM.

– La Sorcière, c’est une Nécromancienne, avoua-t-elle en tentant de se rappeler tous les détails. Enfin, je crois. Elle a… Quand elle a frappé son tatouage, Trudy s’est…

Sa voix se brisa avant qu’elle n’ait pu terminer sa phrase. Elle revit le corps du Succube, sans vie, se redresser et se jeter sur le monstre du Loch Ness. À demi-mot, elle parvint tout de même à expliquer à Alisdair ce qu’elle avait vu.

– Impossible… Les Nécromanciens ont disparu depuis des lustres, souffla le demi-Géant.

– Comme les Oracles ? ironisa Bree. Car il y en a un dans la pièce d’à côté.

– Tu marques un point.

Alisdair se gratta la barbe, comme il le faisait lorsqu’il était pensif.

– Il faudra en parler à Masaharu. Et je vais envoyer quelques agents de confiance enquêter chez les Sorciers.

Bree acquiesça. Sur sa demande, Alisdair la réconforta sur l’état de Gale : il était sorti du coma et ses jours n’étaient pas en danger. Trudy, en revanche…

– Nous avons repêché son corps… Gale est inconsolable. Il a dit qu’il allait ramener Trudy chez eux, en Irlande. Il part demain matin. Je ne crois pas qu’il reviendra…

Le cœur de Bree se serra. Elle n’osait imaginer la douleur immense qui devait consumer Gale. En perdant sa jumelle, c’était une part de lui qui était morte à jamais.

– Il m’a demandé de te faire promettre une chose, à ton réveil.

– Quoi donc ?

Le regard d’Alisdair se fit plus grave et l’ambiance de la pièce s’alourdit d’un coup.

– De venger Trudy et de tuer cette vipère.

Bree étira ses lèvres. Voilà une mission qui la tentait au plus haut point.

– En tant que Chef, ajouta Alisdair, je devrais t’en dissuader, bien sûr. Mais en tant qu’ami, je ne peux que t’encourager à suivre la voie qui te semble juste. Fais simplement attention à toi. Je ne supporterai pas que tu meures la première.

Si Bree ne connaissait pas mieux le demi-Géant, elle aurait juré voir une larme perler au coin de ses yeux. Il se reprit vite, cependant, et se releva promptement.

– Bien ! Je vais te laisser, tu as besoin de repos. Si tu vas mieux, tu pourras sortir dans quelques jours.

La Selkie regarda son ami s’éloigner vers la porte. Alors qu’il allait sortir, elle l’apostropha :

– Alisdair ?

– Oui ? demanda-t-il en se retournant.

Elle hésita. Elle aurait aimé lui dire que la Sorcière avait semblé la reconnaître, qu’elle l’avait même appelée Breena. Pourtant, les mots restèrent coincés dans sa gorge.

Avant d’en parler à qui que ce soit, il fallait qu’elle tire elle-même cette affaire au clair.

Finalement, Bree esquissa un sourire qu’elle voulait sincère et dit du bout des lèvres :

– Merci.

Le demi-Géant s’esclaffa et passa une main dans ses cheveux.

– Le gamin t’a bel et bien changée, pas vrai ?

 

À peine Alisdair eut-il franchi la porte de sa chambre que Bree repoussa les draps. S’il pensait une seule seconde qu’elle allait rester là sans rien faire, il se trompait lourdement. Elle se leva un peu trop vite et quelques étoiles dansèrent devant ses yeux. Agrippée aux barreaux du lit, elle vérifia que sa tenue était correcte. Une affreuse chemise de nuit rose lui descendait jusqu’aux pieds et Shannon n’avait visiblement pas pris soin de s’occuper de ses cheveux, qui traînaient sur le sol. Elle fouilla la commode à la recherche d’une pince quelconque pour les attacher, en vain. Lasse, elle attrapa sa chevelure à bras le corps et sortit dans le couloir.

Elle se posta devant la chambre de Jace, mitoyenne à la sienne. Après quelques coups discrets frappés à la porte, elle se risqua à entrer.

Le jeune homme était allongé sur le lit, un petit boitier noir à la main. Un drôle de son s’échappait d’un écran vissé au mur, comme une musique de carnaval. Bree s’approcha doucement.

– Maman, tu as pensé à me ramener du…

Il tourna enfin la tête, dévoilant son second profil à la Selkie. Elle retint son souffle.

– Oh, Bree ! C’est toi ! s’exclama-t-il en se redressant et en lui offrant un large sourire.

Elle écarquilla les yeux. Le côté droit du visage de Jace était entièrement caché par un bandage qui lui recouvrait jusqu’à l’œil.

Œil qui, Bree se le rappelait clairement à présent, lui avait été arraché.

– Je… Je…

Il y avait tant choses qu’elle aurait voulu lui dire. Qu’elle était désolée, qu’il n’aurait jamais dû lui désobéir, qu’elle était fière de lui… Mais elle ne parvint qu’à balbutier un son inintelligible. Jace pouffa et lui fit signe d’approcher.

L’Oracle était souriant, comme à l’ordinaire. Son œil restant dardait sur Bree un regard empli de joie. La Selkie s’assit dans le fauteuil à côté du lit et lâcha ses cheveux.

– Je suis content que tu ailles mieux, lui dit-il en se redressant dans le lit. Tu as fait peur à tout le monde, tu sais ? Tu avais perdu beaucoup de sang, et…

– Ton œil, souffla-t-elle, incapable de penser à autre chose.

Le sourire de Jace ne faillit pas. Il attrapa la télécommande et, appuyant sur un bouton, baissa le son de la télévision.

– J’en ai un autre, philosopha-t-il en haussant les épaules. Qui a réellement besoin de deux yeux, de toute façon ?

Il rit de sa propre blague tandis que Bree le fixait, interdite. Il aurait dû être brisé, traumatisé par ce qui venait de lui arriver. Au lieu de quoi, elle retrouvait le Jace qu’elle avait rencontré une dizaine de jours plus tôt, le Jace que rien ne semblait pouvoir atteindre.

Dix jours… cela lui paraissait une éternité.

– Je suis agréablement surpris de te voir autrement qu’en noir, souligna le jeune homme en pointant sa chemise de nuit rose. En revanche, il va falloir qu’on fasse quelque chose pour tes cheveux…

– Quoi, mes cheveux ?

– Ils sont beaucoup trop longs ! Quand on sortira d’ici, je t’emmènerai chez le coiffeur, et…

Bree n’écouta plus. Un sentiment doux et chaud se lova en elle et un pâle sourire s’étira sur ses lèvres. Elle était heureuse de voir que Jace allait bien.

Ce dernier remarqua l’air hagard sur le visage de son amie. Alors qu’il s’était attendu à subir ses foudres — Alisdair ne l’avait d’ailleurs pas raté, elle resta étonnamment silencieuse. Lorsqu’elle dormait, il était allé la voir chaque jour et avait adressé des prières silencieuses à tous les dieux du monde, les implorant de lui rendre sa garde du corps.

Depuis que la Sorcière avait volé son œil, son pouvoir d’Oracle ne s’était plus manifesté. Il en avait fait part à Alisdair qui l’avait rassuré à ce propos ; après une telle blessure, il n’était guère étonnant que son don fluctue. Le chef de la BPCM lui avait apporté un peu de lecture, afin que Jace en apprenne le plus possible sur ses origines et sur son espèce.

– Merci, dit soudain la Selkie d’une voix grave.

Sur le lit, ses doigts effleurèrent ceux de Jace. Bien qu’elle n’osât pas le regarder, ses mots se fichèrent dans son cœur.

– J’ai failli à ma mission. C’était mon rôle de te protéger et pourtant c’est toi qui m’as sauvée. Sans toi, je serais morte sur les rives du Loch Ness. La Sorcière aurait dérobé l’œuf du Yong. Trudy serait morte en vain…

– Je…

– Non, ne dis rien. Je te suis redevable, à présent. J’ai une dette envers toi, Jace. Sache que, tant que nous vivrons tous les deux, tu trouveras toujours une alliée en moi.

Jace serra plus fort la main de Bree, et son autre paume vint relever son visage. Il plongea son regard dans le sien, toujours aussi sombre. Doucement, il s’avança, entrouvrit les lèvres, et…

– Jace Miller ! Je te quitte cinq minutes et te voilà déjà en train de draguer une fille ! Mon fils, tu me déçois !

Bree fit un bond en arrière et manqua de tomber du fauteuil, tandis que Jace éclatait de rire. Dans l’embrasure de la chambre, ouverte en grand, se tenait une femme minuscule, mais à l’air si sévère que la Selkie en eut des frissons.

– C’est Bree, Maman, expliqua-t-il entre deux hoquets. Je t’ai parlé d’elle.

Le regard de la femme se posa sur l’agente et s’adoucit aussitôt.

– Oh, Bree, bien sûr ! C’est vous qui vous êtes occupée de mon garçon ! Dans mes bras !

Avant qu’elle n’ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Bree se retrouva coincée contre le corps de la mère de Jace. Cette dernière possédait une force incroyable malgré sa petite taille et la Selkie eut le souffle coupé.

– Tu l’étouffes, Maman, s’esclaffa Jace en voyant que Bree devenait cramoisie.

– Oh, bien sûr. Toutes mes excuses.

Sans la lâcher tout à fait, la femme recula de quelques pas et observa Bree en détail. Elle ouvrit de grands yeux en apercevant la masse de cheveux qui lui dégringolait jusqu’aux pieds.

– Ma fille, dit-elle, vous êtes une beauté, mais il va falloir tailler cette tignasse.

Bree haussa les sourcils. Plutôt mourir que de laisser une inconnue s’approcher de sa crinière !

Jace balança ses jambes hors du lit et se mit debout. Il passa un bras autour des épaules de sa mère et la présenta :

– Bree, voici ma tortionnaire préférée, Nakoma Miller.

– Tortionnaire ? Retourne vite au lit, fils ingrat, sinon tu vas voir de quel bois je me chauffe !

Malgré son ton autoritaire, la Selkie remarqua qu’elle souriait. Le regard qu’elle portait sur Jace était empli de fierté et son visage rond était incroyablement doux. Tout comme son fils, elle portait ses origines sur ses traits. Des cheveux noirs de jais, qu’elle avait coiffés en une tresse lâche, tombaient sur ses épaules hâlées.

Soudain, alors que Nakoma forçait sa progéniture à se remettre au lit, une pointe de malaise se ficha en Bree. Elle se sentait de trop. Quand l’Amérindienne embrassa Jace sur le front, elle sut qu’il était temps pour elle de partir.

– Tu t’en vas déjà ? demanda Jace, voyant que son amie se dirigeait vers la porte.

– Je… vous avez sûrement beaucoup de choses à vous dire… s’excusa-t-elle.

– Je suis arrivée depuis trois jours, très chère, la rassura Nakoma. Jace a eu le temps de tout me raconter. J’avais hâte de vous rencontrer en personne.

Bree aurait aimé pouvoir lui retourner le compliment, mais elle se rendit compte qu’elle avait peu interrogé Jace sur ses parents. Tout ce qu’elle savait de lui, ou presque, c’était ce qu’elle avait lu dans son dossier. En y repensant, elle se sentit honteuse.

– Resterez-vous avec nous pour un thé ?

Elle jeta un coup d’œil à Jace. Ce dernier semblait plein d’espoir, mais Bree sentait déjà une chape de fatigue l’envahir de nouveau.

– Je regrette, avoua-t-elle, mais je ne me sens pas tout à fait remise. Je vais retourner dans ma chambre. Profitez bien l’un de l’autre. Madame Miller, je suis ravie de voir que vous aussi, vous allez mieux.

– Merci, ma chère. J’espère vous revoir vite, lui sourit Nakoma.

Bree acquiesça, puis sortit de la pièce.

Lorsqu’elle s’en fut allée, la mère de Jace se tourna vers lui et lui lança :

– Je comprends pourquoi elle t’a retourné la tête, cette fille est superbe…

– Elle ne m’a pas retourné la tête !

– Ah non ?

L’Oracle se rembrunit. Ses sentiments pour Bree étaient complexes — et surtout trop récents — pour qu’il y comprît grand-chose. Tout s’était passé si vite… Et dire que, quinze jours auparavant, il ignorait tout du monde magique ! Désormais, il avait du mal à imaginer sa vie sans la BPCM, sans enquêtes impossibles et sans une Selkie têtue et agoraphobe pour lui remonter les bretelles quand il dépassait les bornes.

Jace observa sa mère. La veille, Alisdair leur avait fourni leurs nouvelles identités et leur avait donné le choix de leur prochaine destination. Toutes les cartes étaient entre leurs mains ; où qu’ils aillent, la BPCM assurerait leur protection rapprochée. L’Oracle n’avait pas su quoi répondre au chef de la brigade. Mais, à présent que Bree était réveillée, il avait une idée très précise de l’endroit où il souhaitait vivre.

– Maman ?

– Oui, mon chat ?

– Je crois que je voudrais rester à Édimbourg.

Nakoma étira les lèvres et plissa ses grands yeux rieurs.

– Je m’en doutais !