Chapitre 4

À l’aveuglette

 

Jace tourna la tête pour vérifier que Bree dormait encore. Il sourit et lâcha le volant d’une main pour replacer une mèche sauvage qui avait glissé en travers de son visage.

Il n’aurait échangé sa place pour rien au monde.

Autour de la Mini Cooper, le temps se faisait de moins en moins clément. Ils avaient dépassé Ullapool un peu plus tôt et se dirigeaient désormais vers le grand nord de l’Écosse, où se trouvait la plage de Sandwood Bay. Ils naviguaient à l’aveugle : le coin étant encore très sauvage, ils étaient condamnés à passer de petite route en petite route jusqu’à arriver à leur destination.

Jace brûlait de savoir ce qu’ils trouveraient là-bas. Il fut tenté de se glisser dans le futur pour en apercevoir des bribes, mais se retint. Si Siobhan guettait ses visions, elle en profiterait pour les attendre et ils avaient tous compris la leçon. Aucun d’eux n’était en mesure de battre la Nécromancienne.

Du moins, pour l’instant.

L’Oracle soupira et se concentra sur la route. Au moins, la brume avait disparu ! Cependant, le ciel se chargeait de lourds nuages noirs et menaçants, prêts à exploser à tout moment. Si un orage éclatait, Jace ne donnait pas cher de leur peau ; voilà près de deux heures qu’ils passaient de village en village – et par village, il entendait trois ou quatre maisons posées à flanc de colline. Il ignorait s’ils pourraient trouver un endroit où dormir cette nuit ; la région n’avait pas l’air propice aux hôtels et, de toute manière, il n’avait plus de réseau depuis un bon moment.

– Fichus Highlands.

– Je suis bien de ton avis.

Jace fronça les sourcils et posa son regard sur le tableau de bord où se trouvait toujours la petite Hawaïenne. Il aurait juré…

– Salut, Jace, lâcha la figurine d’une voix grave et masculine en agitant la main.

– Aaaaaah !

La surprise fut telle que Jace donna un grand coup de volant vers la droite et se rattrapa in extremis. La voiture fit une embardée sur le côté avant de redresser sa trajectoire, frappant la tête de Bree contre la vitre au passage.

– Jace ? s’inquiéta-t-elle en se réveillant en sursaut. Ça va ? Qu’est-ce que…

– Ah bah votre accueil fait plaisir !

L’Hawaïenne mit ses poings sur ses hanches et vrilla Bree du regard. Cette dernière écarquilla les yeux, se pencha sur le tableau de bord tandis que Jace tentait tant bien que mal de contrôler les battements effrénés de son cœur.

Il avait frôlé la crise cardiaque, il en était certain.

– Masa ? risqua Bree.

– Lui-même ! Alors, vous me trouvez comment ?

La figurine agita ses hanches et fit virevolter sa jupe de fils. S’il n’avait pas été aussi choqué, Jace aurait sans doute trouvé ça drôle.

– Je vais m’arrêter, lâcha-t-il du bout des lèvres. Ne nous fais plus jamais une frayeur comme ça.

– Ta tête valait tout l’or du monde, mon garçon ! Je regrette de ne pas avoir pris une photo !

Jace se retint de lui demander comment il aurait pu faire une chose pareille, étant donné qu’il était sûrement dans sa boutique à Édimbourg et qu’il leur parlait par Hawaïenne interposée.

Il arrêta la voiture sur le bas-côté, dans un renfoncement près d’une large prairie. Bree mit un moment à reprendre ses esprits.

– Comment est-ce possible ? finit-elle par demander. Je croyais que tu ne possédais que des origamis…

– J’innove, répliqua Masaharu par la bouche de la figurine. J’ai mis quelques heures à bricoler ce sort, mais la situation est trop catastrophique.

La main de Bree trouva celle de Jace et elle la serra aussi fort qu’elle pût.

– Catastrophique ? C’est-à-dire ?

Masaharu leur expliqua ce qu’il s’était produit depuis qu’ils avaient quitté Édimbourg. Les funérailles de Keegan, l’annonce de la dissolution de la BPCM anglaise, l’apparition de la milice…

– Cette goule desséchée ! pesta Bree. Il ose faire ça alors que le corps de Keegan est encore chaud !

Depuis qu’il l’avait piégée au pied d’Arthur’s Seat, la Selkie n’avait qu’une hâte : se retrouver face à Tomàs Gailman et venger le Kelpie.

– Il a l’air de n’avoir aucune limite, renchérit le Sorcier. Tant que le Gouverneur est malade, c’est lui qui tire toutes les ficelles. Je me suis dit qu’il était temps que nous ayons une petite conversation. Bree, que s’est-il passé ?

La Selkie inspira un grand coup. Les souvenirs étaient frais et pénibles, elle-même n’y comprenait pas grand-chose. Chaque fois qu’elle y pensait, une migraine se mettait à lui vriller le crâne et la laissait exténuée pendant plusieurs heures.

La main de Jace, toujours dans la sienne, lui donna le courage nécessaire. Elle tourna la tête vers lui et trouva son visage paré d’un sourire compatissant. Elle s’élança.

– L’autre soir, après avoir déposé Fergus chez Héloïse, je suis repassée chez moi. Je voulais changer de vêtements avant de vous rejoindre… Mais quelqu’un était déjà là.

Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle revivait la scène. Jess se transforma en Hilgins sous ses yeux, avant de la livrer à Jacklyn qui patientait dans l’ombre. La Harpie la jeta de nouveau sur son lit, avant de lui aboyer un tas de phrases insensées.

– Elle m’a dit que je lui manquais, expliqua-t-elle. Qu’elle m’avait vue « fricoter » avec lui. J’ai fini par comprendre qu’elle parlait de Tomàs Gailman.

– Le Ministre ? s’étonna Masaharu. C’est lui qui est derrière le retour de Jack l’Éventreur ?

– Attends la suite, Masa, ironisa Jace. C’est loin d’être le seul truc tordu de cette histoire.

Bree poursuivit. Elle expliqua qu’alors que Jacklyn s’apprêtait à la tuer, quelqu’un s’était interposé. La Nécromancienne en personne.

– Je n’y comprends rien, souffla le Sorcier.

– Nous non plus, rétorqua la Selkie en prenant sa tête dans ses mains. Rien de tout cela n’était prévu. D’après ce que j’ai compris, Jacklyn aurait dû retourner à Whitechapel pour son dernier meurtre. Siobhan s’est opposée à ce qu’elle me tue et, pendant qu’elles discutaient, elle a avoué avoir ressuscité Jacklyn, en 1888. Comme elle refusait de lui obéir… Elle l’a tuée.

Sur le tableau de bord, la petite Hawaïenne écarquilla les yeux. Jace se pencha vers la boîte à gants et en tira le carnet dans lequel ils notaient tout ce qu’ils savaient. Peut-être qu’un détail lui avait échappé, il ne voyait pas d’autres solutions.

Consciente que la partie qui suivait était la plus pénible, Bree raconta tout d’une traite, sans laisser à Masaharu l’opportunité de l’interrompre. Lorsqu’elle eut fini, elle retomba au fond de son siège, épuisée.

– Je récapitule, dit le Sorcier. Siobhan voulait t’emmener et, pour ça, elle t’a paralysée. Gailman, qui est donc son complice et son frère, a refusé de l’aider et t’a piégée pour te faire porter le chapeau.

– Quand ils parlaient, il a évoqué le fait d’activer le portail d’Arthur’s Seat. C’est à ce moment-là que j’en ai conclu qu’il était également l’Astronoma qui avait aidé Jacklyn à s’échapper de Saint-Pétersbourg.

Le silence se fit dans l’habitacle. Jace se douta qu’à Édimbourg, Masa aussi devait prendre des notes.

– Un Selkie et un Astronoma ? Voilà qui est inhabituel, grogna Masaharu.

– Je croyais qu’il y avait plein de créatures hybrides, intervint Jace.

– C’est vrai, mais les Selkies se mêlent rarement aux autres créatures magiques. Au mieux, on trouve des Selkies qui s’unissent avec des mortels, mais avec des Sorciers…

– Rien n’est impossible, la contredit Masaharu. La preuve…

– Il y a quelque chose que je ne comprends pas, souffla Jace.

Bree pivota vers lui. Une ride soucieuse s’était creusée sur son front et il avait l’œil fixé sur ses notes.

– Si Siobhan et Tomàs sont frère et sœur, pourquoi avait-elle besoin de lui pour te téléporter ? Elle devrait être une Astronoma, non ? Et une Selkie aussi, du coup…

– Dans les familles de Sorciers, il est tout à fait courant que les enfants n’héritent pas de tous les pouvoirs de leurs parents, expliqua Masaharu. Mes filles, par exemple, n’ont aucune prédisposition pour l’Animase.

Jace soupira et hocha la tête. Il avait cru tenir une piste, mais elle venait de s’étioler sous ses yeux.

– Je vais réfléchir à tout ça, tenter de mener quelques recherches, conclut le Sorcier. Vous êtes bientôt arrivés à Sandwood Bay ?

– Presque, enfin j’imagine, répliqua l’Oracle. On prend notre temps, au cas où…

– Masa, commença Bree, je voulais te poser une question. Depuis que nous sommes partis, Jace évite de se servir de son pouvoir, car nous pensons que Siobhan peut voir ce qu’il voit. Mais peut-elle avoir d’autres visions ? Peut-être, par exemple, deviner où nous allons ?

L’Hawaïenne posa une main sur sa hanche et se gratta le menton de l’autre. Après quelques instants de réflexion, elle répliqua avec la voix du Sorcier :

– Je ne pense pas, non. Elle a peut-être l’œil de Jace, mais ça ne fait pas d’elle une Oracle. Au pire, comme vous dites, elle peut avoir les mêmes visions que lui.

– Ne peut-on pas remédier à cela ? s’enquit Jace. Ne pas voir ce qui nous attend, je… ça m’angoisse.

Bree eut un petit sourire triste. Il n’y avait pas si longtemps, Jace rejetait son pouvoir en bloc, prétendait que voir l’avenir était une malédiction. Mais le jeune Amérindien avait fini par accepter son don et, désormais, il faisait partie intégrante de lui.

– Je regrette, mais cela dépasse mes compétences. Vous allez devoir trouver une solution tout seuls.

Jace pinça les lèvres, déçu. Au moins, Siobhan ne pouvait pas les trouver. Pour le moment, c’était tout ce qui comptait.

– Je vous recontacterai quand j’aurai du nouveau, ajouta Masaharu. Bon courage ! Et faites attention à ma voiture !

Ils saluèrent à leur tour l’Hawaïenne et, quelques secondes plus tard, elle recommença à agiter doucement ses hanches sur le tableau de bord.

– Bordel, pesta Bree.

La situation était pire que ce qu’elle pensait. L’influence de Gailman au Haut Gouvernement Magique était bien trop installée et le Selkie semblait également avoir le don de berner tout le monde. Il fallait qu’ils trouvent une solution.

Et vite.

– On devrait s’arrêter pour dormir, annonça l’Oracle. La nuit ne va pas tarder à tomber et, si on ne se presse pas, on va se prendre un orage sur le coin du bec.

Bree se pencha et constata qu’il avait raison. Les nuages noirs s’étaient amoncelés au-dessus d’eux et menaçaient d’exploser à chaque instant. Elle regarda brièvement autour d’elle ; l’endroit était aussi désert que dans son souvenir. Les champs et les montagnes s’étalaient à perte de vue dans le jour déclinant et il était impossible d’apercevoir le moindre village où se reposer.

– Tu veux que je conduise ? proposa-t-elle à Jace.

Ce dernier posa une main sur sa joue et elle pencha la tête pour épouser sa caresse. Une vague de chaleur s’empara d’elle, comme à chaque fois qu’ils se touchaient. Bree leva la paume à son tour, dessina le contour du bandeau qui recouvrait l’orbite vide de l’Oracle avec ses doigts. Elle l’aimait ainsi, avec son allure de pirate égaré.

– Je peux conduire encore un peu, répondit Jace. J’ai juste besoin d’un peu de courage…

Il posa ses lèvres sur les siennes avec une douceur infinie. Bree lui rendit son baiser comme si elle en avait besoin pour respirer, puis, le rouge aux joues, ils se séparèrent et reprirent la route tortueuse vers le sommet des Highlands.

 

Comme prévu, l’orage éclata à la tombée de la nuit. Bientôt, ils durent avancer au ralenti, la pluie tambourinant le pare-brise avec une violence inégalée. Entre ça et la route sinueuse qui serpentait à travers la vallée sans jamais leur donner la moindre indication, Bree et Jace se rendirent vite à l’évidence.

Ils étaient perdus.

– Tu reconnais quelque chose ? cria l’Oracle pour couvrir le bruit de la pluie.

La Selkie plissa les yeux et se concentra, les mains crispées sur le volant. Elle avait remplacé Jace moins d’une heure auparavant pour qu’il essaie de leur réserver une chambre dans un hôtel à proximité. Or, si hôtel il y avait, ils ne disposaient d’aucun réseau pour le voir.

Autour d’eux, le chaos. La dernière fois qu’elle était remontée à l’extrémité nord de l’Écosse, c’était en compagnie d’Alisdair et ils n’avaient pas dépassé Ullapool. Bien qu’elle eût vécu une dizaine d’années à proximité de Sandwood Bay, juste après avoir perdu sa peau, il lui était impossible d’être certaine qu’ils allassent dans la bonne direction.

– Je ne sais pas… Je sens que la mer est proche, mais… Bon sang, on n’y voit rien !

Sur son visage, l’agacement et la frustration se disputaient le premier rôle. Avisant un petit renfoncement sur le côté de la route, elle y gara la voiture et serra le frein à main.

– Qu’est-ce que tu fais ? s’étonna Jace.

– J’en ai marre ! Il fait nuit et il pleut, on n’arrivera jamais à se repérer. Autant dormir ici et reprendre demain matin.

– Tu veux dormir dans la voiture ? Bree, il fait à peine quatre degrés !

– Tu vois une autre solution ? On l’a déjà fait, je te rappelle.

Jace se renfrogna. L’an passé, ils avaient en effet dormi dans la voiture de Masaharu, tombée en panne en pleine nuit à plusieurs miles d’un village. Ce soir-là, ils avaient eu la visite d’une Banshee qui leur avait fait un présage de mort. Un excellent souvenir, donc.

Il soupira. Bree avait raison ; continuer à avancer par ce temps était trop dangereux et ils risquaient de se perdre davantage. Leur meilleur espoir était d’attendre que l’orage se calme et que le jour se lève.

– Les couvertures sont dans le coffre ? maugréa-t-il, tout de même peu enthousiaste à l’idée de passer la nuit dehors.

– Je crois, oui.

– Je vais les chercher.

Il zippa son sweatshirt d’un coup sec et rabattit sa capuche sur sa tête. Prenant son courage à deux mains, il ouvrit la portière et s’aventura sous la pluie.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour être trempé. Il s’aida de la lumière de son téléphone pour ouvrir le coffre et entreprit d’en sortir les couvertures. Il les glissa sous son sweatshirt pour ne pas les mouiller, referma le coffre et se retourna. Se figea.

Une lueur verte lévitait au-dessus de la route, au milieu du chaos que déchaînaient les éléments. Insensible au vent et à la pluie, elle semblait porteuse d’un message que Jace ne parvenait pas à saisir. La lueur s’approcha doucement, encore et encore, jusqu’à parvenir à la hauteur de l’Oracle. Jace sentait tout son visage illuminé par son aura. Il leva la main pour la toucher et…

– Jace ? lui parvint la voix de Bree. Qu’est-ce qui te prend autant de temps ?

Il entendit une portière claquer, puis des bruits de pas. La lumière ne bougea pas, volant toujours devant lui.

– Qu’est-ce que…

Jace sentit le bras de Bree se faufiler sous le sien. La lueur se mit à briller de plus belle, comme si elle réagissait à la présence de la Selkie.

– C’est quoi, ce truc ?

Jace avait beau chercher dans sa mémoire, il ne se rappelait pas avoir déjà entendu parler d’une chose pareille. Durant sa formation d’agent, il avait pourtant eu de nombreux cours sur les créatures magiques, mais là, il donnait volontiers sa langue au chat.

– Un Feu Follet.

La voix de Bree traversa le bruit de la pluie qui battait le bitume. Comme si elle l’avait entendue – c’était d’ailleurs probablement le cas – la lumière sautilla sur place et se mit à reculer.

– Suivons-le.

Bree fit un pas en avant, mais Jace la retint par le coude.

– Par ce temps ? Bree, ça pourrait être un piège !

– Il n’y a qu’une seule façon de le savoir.

Trop intriguée pour entendre raison, la Selkie se dégagea de l’emprise de Jace et se mit à courir après le Feu Follet.

Derrière elle, les pas qui clapotaient sur le béton mouillé lui apprirent que Jace la suivait. Les yeux plissés, elle tentait de ne pas perdre la lueur du regard. Lorsqu’elle tourna à droite pour s’aventurer sur un sentier, Bree n’hésita pas une seconde.

– Bree ! Je t’en prie, c’est trop dangereux !

La Selkie ignora l’Oracle. Elle sentait, au plus profond d’elle-même, le besoin de suivre le Feu Follet. Il voulait lui montrer quelque chose, elle en était certaine. Et puis, ces esprits n’étaient-ils pas censés remettre les voyageurs perdus sur le droit chemin ?

– Je suis sûre qu’il ne nous veut aucun mal, lança-t-elle par-dessus son épaule pour rassurer le jeune homme.

La pluie continuait à tomber à grosses gouttes et les éclairs zébraient le ciel, éclairant de temps à autre le sol sous leurs pieds. Ici et là, la terre meuble se transformait en boue et, plusieurs fois, Bree faillit glisser. Elle percevait les grognements de Jace qui peinait lui aussi à progresser, mais accéléra le pas pour rattraper le Feu Follet.

Au bout d’une dizaine de minutes de course infernale, la pluie s’arrêta. La lueur disparut aussi soudainement qu’elle était apparue et Bree stoppa net, décontenancée. Elle regarda autour d’elle, tenta de percer l’obscurité, mais ne vit rien.

Il n’y avait rien.

– Je ne comprends pas…

Le vent se leva, chassant le nuage qui masquait la lune. À la lueur de l’astre, Bree vit enfin l’endroit où le Feu Follet avait tant voulu l’emmener.

Perché sur une falaise, surplombant l’Atlantique, un manoir trônait. Survivant aux affres du temps et aux tempêtes, il semblait figé dans une autre époque. Le cœur de Bree se serra lorsqu’elle reconnut la pierre sombre, les fenêtres à croisillons perçant les murs de l’aile ouest, la grande porte en bois et la grille en fer forgé qui défiait les visiteurs d’aller plus loin.

– Bree !

Jace trottina jusqu’à elle, hors d’haleine. En arrivant à sa hauteur, il se figea à son tour et lâcha :

– Mais on est où, bordel ?

Bree chercha sa main à tâtons et la serra aussi fort qu’elle pût. Sans lâcher l’édifice du regard, elle souffla :

– Au manoir McCullen.