Chapitre 8

La Malédiction

 

Le lendemain matin, Jace et Bree partirent tôt. Ils prirent un petit-déjeuner succinct avec Morag qui insista pour qu’ils emportent des sandwichs. Lachlann ne se montra pas, pour le plus grand bonheur de la Selkie ; elle n’avait pas la moindre envie de l’entendre rabâcher que leur visite à Sandwood Bay était aussi vaine que stupide.

Ils remontèrent dans la voiture avec la sensation de retrouver un havre de paix. Jace replaça l’Hawaïenne sur le tableau de bord pendant que Bree démarrait et sortait de la propriété. Alors qu’ils passaient le portail, ils remarquèrent une villageoise qui se dirigeait vers le manoir, les bras chargés de victuailles.

– C’est ce dont Morag me parlait hier, expliqua Jace. Même si le maître des lieux est mort depuis longtemps, ils continuent d’apporter des vivres.

– Ça doit être une tradition, ici. Ils doivent croire que le manoir est hanté et qu’en apportant à manger, ils se préservent du courroux des esprits.

Jace hocha la tête, pensif. Le silence s’invita entre eux pour le reste du voyage, chacun songeant à ce qui les attendait à Sandwood Bay.

Bree n’eut aucun mal à retrouver la route. Heureusement pour eux, le temps était dégagé, bien que plus nuageux que la veille. Elle fit sillonner la Mini Cooper sur le chemin cahoteux et la voiture protesta à plusieurs reprises en chevrotant. Les compagnons échangèrent un regard angoissé : si l’auto les lâchait, ils seraient dans de beaux draps.

Au bout d’une dizaine de minutes, Bree arrêta la voiture sur un parking. La route s’arrêtait ici et ne les emmènerait pas plus loin.

– Il faut finir à pied.

– C’est encore loin ?

– Un peu.

Quand elle ouvrit la portière, Bree fut assaillie par une bouffée d’air qui lui apporta l’odeur du sel et des embruns. Elle inspira un grand coup tout en tentant de chasser l’angoisse qui avait pris possession de ses entrailles. Un instant, elle hésita à remonter dans la voiture pour faire demi-tour.

– Tu viens ?

Devant elle, Jace lui tendait la main, un large sourire étalé sur son visage. Elle attrapa sa paume avec fougue et désespoir en songeant qu’un an plus tôt, lorsqu’Alisdair lui avait demandé de s’occuper de l’Oracle, elle n’aurait jamais imaginé qu’il prendrait autant de place dans sa vie.

Ils marchèrent le long du sentier jusqu’à la plage. Bree sentait son cœur se serrer à chaque pas et, lorsqu’elle aperçut les vagues, la mélancolie posa une chape de plomb sur ses épaules. Mille souvenirs se dessinaient devant elle, échos de toutes les fois où elle s’était rendue ici dans le but de retrouver sa peau. Jace serra sa main un peu plus fort.

L’Oracle s’arrêta un instant pour savourer la beauté du paysage. S’il avait été impressionné par Oldshoremore Beach, Sandwood Bay lui apparaissait plus belle encore. Longue de plusieurs centaines de mètres, la plage était recouverte de sable fin et de dunes verdoyantes. L’eau turquoise, hypnotique, semblait lui hurler de plonger à sa rencontre. Un peu plus loin, le Sandwood loch creusait son sillage à travers la baie et tentait de rejoindre l’océan, pour le moment sans succès. Le contraste entre les eaux sombres du lac et la couleur pure de la mer était saisissant et d’une poésie à couper le souffle. S’ils en avaient eu le temps, Jace se serait volontiers arrêté pour dessiner le panorama qui s’étalait devant ses yeux.

À côté de lui, il sentait Bree dans un état de détresse absolue, tremblante. Il pivota vers elle et ramena une mèche qui s’était échappée de son bonnet dans son cou.

– On n’est pas obligés d’y aller aujourd’hui, susurra-t-il. On peut très bien revenir demain.

– Non, protesta-t-elle, la voix chargée de sanglots.

Elle ferma les yeux un instant et tâcha de faire le vide dans son esprit. Lorsqu’elle les rouvrit, la mélancolie avait laissé place à une farouche détermination.

– Allons-y.

 

Sable fin et océan.

Bree sentit que son pouvoir était inaccessible au moment même où elle posa le pied sur la plage. À côté d’elle, Jace tressaillit.

– C’est… étrange.

Le lieu transpirait de magie et pourtant, toutes les fibres de son corps lui rappelaient qu’ici, son don d’Oracle n’avait pas le droit d’exister.

– Est-ce qu’on sait pourquoi ? demanda-t-il à Bree. Enfin, je veux dire, comment se fait-il qu’on ne puisse pas utiliser la magie ici ?

– Il y a plusieurs théories. Certains prétendent que c’est son essence qui veut cela, tout comme il y a des lieux qui sont naturellement des portails de téléportation. D’autres disent que c’est la volonté de la Lady, que son pouvoir est trop fort et qu’il annihile tous les autres.

– Et toi, que penses-tu ?

Le regard de Bree s’accrocha sur une vague qui s’enroulait sur la grève et ne laissa derrière elle que des embruns.

– Je ne sais pas… Un peu des deux, peut-être ?

La question resta en suspens dans l’air, un mystère de plus à ajouter à ceux qui arpentaient déjà ce monde.

Jace et Bree avancèrent encore un peu, jusqu’à un rocher plus gros que les autres et recouvert de touffes d’herbe par endroits.

– C’est ici que je me suis réveillée, indiqua Bree d’une voix blanche.

Jace baissa les yeux et il lui sembla presque voir la forme de la Selkie encore imprimée sur le sable. Il aurait tant aimé être avec elle ce jour-là, la rassurer, lui dire que tout allait bien se passer… Il détestait qu’elle se soit retrouvée seule et sans souvenirs, sans personne, condamnée à une vie de solitude.

De tous les souvenirs qu’elle avait de Sandwood Bay, Bree songea que celui-là était définitivement le pire. Elle se rappelait chaque instant, chaque seconde passée sur cette plage à tenter de comprendre comment elle était arrivée là, où était sa peau… Un couple de voyageurs l’avait aperçue, errant sur la plage, et lui avait donné de quoi se couvrir. Ils avaient dû la prendre pour une folle.

– Allons plus loin, décréta Jace.

Bree le remercia en silence et le suivit. Ils marchèrent jusqu’à l’eau et retirèrent leurs chaussures, retroussèrent le bas de leurs pantalons. L’Oracle grimaça lorsqu’une vague roula jusqu’à ses pieds, mais contint toute protestation.

– Bon… On l’appelle ? lâcha-t-il, impatient de pouvoir se remettre au sec.

À côté de lui, Bree fronça les sourcils. Dans l’eau jusqu’aux mollets, la fraîcheur de l’océan ne semblait pas la déranger le moins du monde.

– Comment est-ce que tu veux l’appeler ? La seule fois où elle m’est apparue, c’est quand…

– Ne me dis pas que tu comptais plonger pour l’attirer ! Je ne vais pas rester ici à te regarder te noyer !

La Selkie haussa les épaules.

– On pourrait quand même essayer ? Je plonge, tu attends un peu et si tu vois qu’elle ne vient pas…

– C’est hors de question, Bree.

Elle voulut protester, mais le regard dur de Jace l’en dissuada.

– Alors, qu’est-ce que tu veux faire ?

– On va essayer ma méthode.

Avant qu’elle ait pu demander en quoi consistait cette fameuse méthode, Jace mit ses mains autour de sa bouche et hurla :

– Hé ho ! La Lady ! On voudrait parler un peu avec vous !

Affolée, Bree regarda autour d’eux et vérifia qu’aucun touriste ne se trouvait sur la plage. Jace allait les faire passer pour des fous.

– Allez, quoi, vous n’allez pas rester planquée !

– Jace, arrête…

– C’est très important ! La survie de la société magique dépend de vous !

Bree dut courir vers lui et plaquer une main sur sa bouche pour le faire taire. Il posa sur elle un œil malicieux qui lui arracha un sourire. Qu’il arrive à rire en de pareilles circonstances l’étonnait et la ravissait en même temps.

– Ça ne va pas marcher, hein ? dit-il alors qu’elle relâchait ses lèvres de leur prison de chair.

– Je ne crois pas, non. Mais si tu as d’autres idées dans le genre, parle-m’en avant !

– En fait, j’en ai une.

Bree fronça les sourcils. L’air moqueur de Jace avait disparu et il arborait désormais une expression sérieuse, les sourcils froncés et la bouche pincée.

– Quoi donc ?

– Tu devrais chanter.

La proposition laissa Bree pantoise. Chanter ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ?

– Il y a des chances pour que la Lady soit une Sirène, non ? À moins que je ne me trompe, les Sirènes sont des créatures marines. Et les Selkies ont le pouvoir d’envoûter les créatures marines avec leur chant.

– La magie ne marche pas ici, ça ne fonctionnera pas.

– Ça ne coûte rien d’essayer, non ? Si ça foire, je te laisserai plonger.

Bree soupira. Elle ne faisait que très peu appel à son pouvoir de Selkie ; la dernière fois qu’elle l’avait fait, c’était pour rendormir le Monstre du Loch Ness.

– Ne me dis pas que tu n’as jamais tenté ça avant ? s’enquit Jace.

– Jamais, répliqua la Selkie en haussant les épaules. Je n’y avais jamais pensé.

Le visage de Jace se para de nouveau d’un sourire.

– Un point pour l’Oracle !

– Tu auras un point si ça fonctionne.

– Ça va fonctionner. Je le sens. Je le sais.

Bree secoua la tête en souriant et se retourna pour faire face à l’océan. Sans grande conviction, elle ouvrit la bouche et se mit à chanter.

Le filet de voix qui s’échappa de sa gorge serrée n’avait rien à voir avec le chant d’une Selkie, envoûtant et hypnotique. Comme elle l’avait pressenti, Sandwood Bay lui avait aussi retiré ce pouvoir. Elle faillit s’arrêter, mais la main de Jace se posa sur son épaule et la poussa à continuer.

Bree força sur sa voix pour atteindre une note haute. Aucune parole ne filait entre ses lèvres, juste une mélodie pure et mélancolique. D’abord perplexe, elle se sentait de plus en plus légère, comme si chaque émotion sortait de sa poitrine pour venir s’enrouler dans les airs.

Elle ferma les yeux et continua. Elle chantait pour toutes les fois où elle s’était sentie perdue, abandonnée. Elle chantait pour les longues soirées où le désespoir avait été son seul ami. Elle chantait pour l’amour, l’amitié, le deuil qui l’habitait encore et qui l’habiterait toujours. Elle chantait pour Keegan. Pour sa peau.

Pour Jace.

– Bree, regarde !

Sans interrompre son chant, elle ouvrit les yeux et son cœur rata un battement.

Devant eux, l’eau s’agitait. Une queue argentée ne tarda pas à en crever la surface, les éclaboussant de gouttelettes salées. Puis, une femme jaillit des flots, sa tête renversée en arrière, campée sur deux jambes fines. Bree cessa de chanter et eut un hoquet de surprise.

La femme baissa la tête et ramena sa longue chevelure rousse sur son épaule. Elle avança d’un pas, intriguée. Bree eut un mouvement de recul en reconnaissant celle qui, deux cents ans plus tôt, l’avait sauvée de la noyade.

La Lady de Sandwood Bay.

 

– Qui êtes-vous ?

Son timbre chaud contrastait avec la beauté froide du lieu. Enfoncée jusqu’à la taille dans l’océan, la Lady posait sur les deux compagnons un regard sans âge et empreint de curiosité. Alors que Jace ouvrait la bouche pour répondre, les yeux de la Sirène – car ce devait en être une – s’arrêtèrent plus intensément sur Bree.

– Je te reconnais, souffla-t-elle. Pourquoi es-tu revenue, petite Selkie ?

– J’ai besoin de réponses. Et je sais que vous les avez.

Les lèvres de la Lady s’étirèrent en un sourire triste.

– J’ai certaines clés, mais pas toutes. Est-ce ton chant qui m’a menée jusqu’à toi ?

Bree hocha la tête et s’agrippa à la main de Jace, toujours posée sur son épaule. Plus que jamais, elle avait besoin de son soutien.

– Tu sembles avoir beaucoup souffert depuis la dernière fois que nous nous sommes vues. Mais je vois aussi que tu as repris goût à la vie.

La Sirène jeta un regard à Jace qui était trop impressionné par sa présence pour oser dire quoi que ce soit.

– Le futur et le passé, lâcha la Lady en les regardant tour à tour. Vous formez un drôle de couple.

Jace se retint de demander comment elle savait qu’il était un Oracle ; il ne faisait aucun doute qu’une créature comme elle fût omnisciente.

– Euh… Merci, madame, répondit-il d’une voix timide.

La Lady haussa un sourcil et le coin de sa lèvre se retroussa, révélant une fossette dans le creux de sa joue.

– Ne m’appelle pas madame, sourit-elle. Mon nom est Isobel.

Le jeune homme songea qu’il lui allait comme un gant. Rassuré par la familiarité de la Lady, il ne put s’empêcher de laisser aller sa curiosité :

– Loin de moi l’idée de vous offenser, Isobel, mais… êtes-vous une Sirène ? Une Sorcière ? Car vous avez des jambes, mais tout à l’heure… Aïe !

Bree lui avait donné un coup de coude dans les côtes et lui lançait un regard noir.

– Pourquoi ne pourrais-je pas être les deux ? répliqua Isobel.

Au ton de sa voix, il sentit qu’elle n’en dirait pas plus. Il hocha la tête en songeant que les créatures magiques aimaient entretenir le mystère qui les entourait, aussi sûrement que certaines questions étaient faites pour rester sans réponse.

Bree se racla la gorge. Elle ne savait pas par quoi commencer, encore moins si la Lady voudrait bien accéder à ses requêtes. Pressentant certainement son trouble, Isobel s’approcha davantage de Bree et plongea son regard dans le sien.

– Pourquoi m’as-tu appelée ? Je te l’ai dit, la dernière fois. Les réponses que tu cherches ne se trouvent pas ici.

Le cœur de Bree se serra et elle sentit le désespoir prêt à la submerger. Elle se reprit toutefois et resta droite face à la Lady. Elle n’avait pas fait tout ce chemin pour rien.

– Nous n’avions nulle part où aller. Nous avons besoin de réponses et je crois que vous êtes la seule à pouvoir nous éclairer.

– Je crois le contraire. Je n’ai aucun rôle à jouer dans le combat qui fait rage en toi.

La Sirène fit mine de se détourner, mais Bree l’apostropha.

– Il y a deux cents ans, vous avez vu ce qu’il s’est passé sur cette plage. Croyez-moi, j’aimerais me passer de votre aide, mais nos pouvoirs ne nous servent à rien, ici. Tout ce que je demande, c’est un indice, une piste.

Isobel retroussa ses lèvres, visiblement agacée d’être retenue de la sorte. Elle pivota de nouveau vers Bree et plissa les yeux.

– Je t’ai déjà donné un indice. Je t’ai dit que tu devais comprendre par toi-même, que c’était ta malédiction…

– Alors, pourquoi m’avoir maudite ? Pourquoi m’avoir condamnée à ne me souvenir de rien ? Qu’ai-je fait de si terrible pour mériter une chose pareille ?

Bree avait crié, la voix chargée de sanglots et ponctuée par la colère. Le visage de la Lady se déforma sous la surprise et elle se rapprocha d’elle. Jace retint son souffle ; il espérait de tout cœur que Bree n’avait pas provoqué le courroux d’Isobel.

– Tu… tu crois que c’est moi qui t’ai maudite ? Qui t’ai privée de ta mémoire ?

– N’est-ce pas ce que vous aviez laissé entendre ?

Les poings serrés le long de son corps, Bree ne décolérait pas. Elle soutint le regard de la Lady qui, lui, avait perdu en intensité. Elle percevait une tristesse familière au fond de ses prunelles, une solitude que la Selkie ne connaissait que trop bien.

– Je ne suis pas celle qui t’a maudite, petite Selkie. Ce que tu traverses me désole, mais je n’y suis pour rien.

Les épaules de Bree se relâchèrent d’un coup et la rage la quitta comme elle était venue, ne laissant derrière elle qu’une coquille vide. Ce que la Selkie avait tant redouté était sur le point de se produire : ils repartiraient d’ici bredouilles et sans la moindre réponse.

Jace accusait lui aussi le coup. Ils avaient fondé tant d’espoir en Sandwood Bay… Où allaient-ils aller, désormais ?

– Si ce n’est pas vous, alors qui ? s’enquit Jace. Qui aurait pu faire de la magie ici ? Je croyais que c’était impossible !

Il ne pouvait pas se résoudre à la laisser partir sans savoir.

– Vous avez forcément vu quelque chose, ajouta-t-il. Est-ce que c’était la Nécromancienne ?

– La Nécromancienne ?

Isobel fronça les sourcils et son regard fit la navette entre Jace et Bree.

– Une Sorcière rousse, des tatouages partout, des yeux verts, détailla l’Oracle. Ça vous dit quelque chose ?

– Non, ce… Ce n’était pas une femme.

Bree sentait l’hésitation dans la voix d’Isobel, une faille qu’ils se devaient d’exploiter. Reprenant espoir, elle avança vers la Lady. L’eau lui arrivait désormais jusqu’aux genoux, mais elle ignora la morsure glacée des vagues sur sa peau.

– Donc, vous avez bien vu ce qu’il s’est passé…

La Sirène se mordit la lèvre.

– Je n’aurais jamais dû vous dire ça. Ce jour-là, il y avait tellement de colère… La puissance de sa rage a outrepassé le bouclier qui borde cette plage. Je me suis juré que je resterais en dehors de toutes ces histoires, ça ne me concerne pas…

– Détrompez-vous. Le monde change, là-dehors. Si nous ne faisons rien, le chaos s’abattra partout et, aussi isolée que soit cette plage, elle ne sera pas épargnée. Je sais que c’est difficile à croire, mais tout est lié. Tout me ramène à ce jour où je me suis réveillée ici, sans ma peau, sans souvenirs. Je vous en supplie, si vous savez quelque chose, vous devez nous le dire.

Isobel poussa un long soupir. Lentement, elle leva le bras vers la Selkie et posa une main sur sa joue. Bree frissonna tant elle était glacée et elle devina que la Lady était bien plus qu’une Sirène ou une Sorcière.

Elle était un fantôme. Une Gardienne, enchaînée à Sandwood Bay pour l’éternité.

– Nous avons beaucoup en commun, petite Selkie. Nous aurions pu être amies, dans une autre vie. Dommage que le sort nous ait toutes les deux condamnées à un destin plus sombre.

Ses paroles étaient une énigme, mais Jace ne se défila pas.

– Ça veut dire que vous allez nous aider ? Nous dire qui a maudit Bree ?

Lentement, Isobel acquiesça et Bree sentit un poids s’envoler de sa poitrine. La main toujours sur sa joue, elle dit :

– Je ne connais pas son nom…

– Vous pouvez peut-être nous le décrire ? proposa l’Oracle.

Un sourire triste étira les lèvres de la Lady.

– Je peux faire mieux que ça.

Elle se recula et invita Jace et Bree à approcher. Puis, elle mit ses mains en coupe et se pencha dans l’eau. Quand elle se redressa, l’image d’un visage se reflétait dans ses paumes.

Le visage de Tomàs Gailman.